Eugénie et Jérôme : homélie de mariage

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Homélie pour le Mariage de

Eugénie et Jérôme

1Corinthiens 12,31 – 13,8a  /  Psaume 144 / Matthieu 5,13-16

Version audio :

Version écrite :

J’espère que vous avez contemplé la magnifique photo qui se trouve sur vos livrets ! Vous devez y voir non seulement Eugénie et Jérôme… mais le sel et la lumière !

Il y a un petit effort à faire, je suis d’accord.

Le sel, comme le disait Jésus dans l’Evangile, ça sert bien sûr à réhausser un plat, à lui donner de la saveur, du goût.

Dans nos montagnes, on en a aussi une autre utilité. Ça sert à éviter de glisser et de se faire mal. Je dis ça au hasard, hein ! En hiver surtout.

Et puis dans le métier d’Eugénie, le sel était très utile jadis. Parce qu’on l’utilisait pour cautériser les plaies, on l’utilisait pour désinfecter, le sel. C’était pas très agréable, mais quand on avait que cela, on prenait du sel.

Eugénie, à sa manière, est le sel de la terre. Elle est ce qui donne du goût à la vie de Jérôme. Elle est ce sel sur lequel il peut s’appuyer pour ne pas tomber. Même si ça ne marche pas toujours… Elle est aussi ce sel qui cicatrise ses plaies.

Dans le métier de Jérôme, la lumière symbolise la connaissance. C’est la lumière qui est enseignée, c’est la lumière qui est transmise. C’est la lumière sans laquelle on reste dans l’ombre, dans l’ignorance.

Beau métier que vos métiers à tous les deux !

Sel de la terre et lumière du monde, vous l’êtes l’un pour l’autre : Jérôme est aussi, à sa manière, une lumière sur le chemin d’Eugénie. Et pas seulement un coucher de soleil au lac de l’Hongrin, d’ailleurs ! Si vous n’avez pas la référence, vous leur poserez la question !

Être lumière l’un pour l’autre, être sel l’un pour l’autre, se donner du goût et avoir de quoi avancer, c’est essentiel. Mais ça ne suffit pas !

Il s’agit encore d’avancer avec cette force gigantesque qu’on appelle l’Amour, qui brille entre vous deux.

Et l’amour, Saint Paul, dans la première lecture, nous en donnait un programme assez ébouriffant, très exigeant : « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’Amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne ! »

C’est pas très sympa pour les fanfares… Mais enfin, si c’est Paul qui le dit…

Il va plus loin : « S’il me manque l’Amour, je ne suis rien ! »

Et puis, il vous donne votre programme de vie. Et là, accrochez-vous : « L’amour prend patience… » Bon, ça, on peut dire que vous en avez… parce que depuis le jour où Eugénie est allé courir avec un coach qu’elle ne connaissait pas jusqu’à aujourd’hui… il s’en est passé des choses !

Il a fallu de la patience ! La patience de la vie aussi, qui a attendu le bon moment, qui a attendu que vous soyez prêts l’un et l’autre, que vous vous revoyiez…

La patience qui passe par les réseaux sociaux aussi dans votre cas, par l’amour écrit…

La patience, vous savez ce que c’est ! 

Et puis Paul continuait en disant : « L’amour rend service. » Là aussi, ne serait-ce qu’à travers vos métiers respectifs, vous connaissez ce que signifie rendre service.

« L’amour ne jalouse pas. » Plus difficile…

« L’amour ne se vante pas. »… même si aujourd’hui, vous avez le droit, hein ! Aujourd’hui, devant tout le monde, vous avez le droit. Ce n’est pas pour rien qu’on vous place ici à la vue de tous, parce que vous êtes le sel et la lumière de notre journée, à nous tous. Vous auriez de quoi vous vanter aujourd’hui.

Mais « l’Amour ne se gonfle pas d’orgueil », comme le disait Paul. « Il ne fait rien d’inconvenant, il ne cherche pas son propre intérêt. Il ne s’emporte pas. Il n’entretient pas de rancune. Il ne se réjouit pas de ce qui est injuste. Il trouve sa joie dans ce qui est vrai. »

Sacré programme, jusque-là, n’est-ce pas ?

Je pourrais ajouter au mot amour, au mot sel, au mot lumière, et à tout ce qu’a dit Paul, la confiance, la bienveillance, le partage, la famille, le respect… Vos valeurs. Vos piliers dont on a parlé ensemble.

Et Paul dit : si tout cela est vécu, si cet amour est vécu comme cela, alors « l’amour supporte tout. Il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. Et alors l’amour ne passera jamais. »

Encore faut-il placer cet amour sous le regard de Dieu pour lui donner une force supplémentaire gigantesque. C’est ce que vous avez fait, c’est ce que vous faites aujourd’hui.

Et vous nous avez donné la carte de visite du Dieu auquel vous croyez. C’est le psaume qui nous le disait. On l’a entendu en allemand, mais on peut en reprendre les mots en français : ce Dieu qui est tendresse, c’est son nom. Qui est pitié, c’est son nom, qui est lent à la colère…

Alors là, à Martigny, il convient d’ajouter quelque chose parce que, en hébreu – et les psaumes sont écrits en hébreu – on parle par images. C’est une langue sémitique, pas une langue de concepts comme la nôtre. Et en hébreu, « lent à la colère », ça se dit « long de narines ». Parce que quand la colère monte, évidemment, si vous avez un grand nez, elle met plus de temps à monter. Nous avons un Dieu « couchepinesque », donc. Qu’il me pardonne !

Un Dieu qui ne se met pas en colère facilement, donc, et qui est plein d’amour, disait le psaume. Un Seigneur dont la tendresse est pour tous, disait encore le texte.

C’est sous la lumière et sous le regard de ce Dieu-là que vous avez choisi de placer votre amour aujourd’hui.

Alors, avec tous ceux et toutes celles qui sont là, je souhaite que ce jour ne soit pas le plus beau jour de votre vie ! Ça peut paraître étrange de le dire comme ça, n’est-ce pas ? Je souhaite que ce soit seulement le premier des plus beaux jours de votre vie, désormais.

Longue vie à tous les deux !

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Martigny-Croix, samedi 9 juillet 2022, 11.30

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