Superman et la balançoire

Classé dans : Homélies, Méditer | 1
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Chers Amis,

On raconte volontiers cette histoire trop belle pour ne pas être authentique.

C’est un jeune moine dans un monastère qui part pour vivre une journée de désert. Une journée de désert. Quand on est religieux, c’est une journée souvent en silence où l’on va méditer quelque chose.

Et le père-abbé, qui voit son jeune novice partir, lui dit : « Tu vas faire une journée de désert, c’est bien ! Sur quoi vas-tu méditer, dis-moi ? » Et le jeune novice de répondre : « Je vais méditer le Notre Père ! » Le père-abbé lui dit : « Ah, c’est une bonne idée ! Alors bonne méditation et à ce soir ! »

Lorsqu’il voit le jeune moine revenir le soir venu, le père-abbé lui dit : « Alors ? Qu’est-ce qu’a donné ta méditation sur le Notre Père ? » Et le jeune novice dit : « Je ne sais pas, j’en suis seulement au mot ‘Père’… »

Dieu est Père.

Bien sûr, nous n’allons pas tomber de notre chaise en apprenant cette nouvelle, mais ça vaut la peine de s’y arrêter quelques instants parce qu’on en a peut-être un peu trop pris l’habitude.

Et puis, trop souvent aussi, nos contemporains voient Dieu comme Superman. Je n’ai rien contre Superman, d’ailleurs il paraît que le dernier film qui est actuellement au cinéma est très bien. Mais ce n’est pas Dieu, ça ! Ce n’est pas Dieu.

Et quand nos contemporains nous disent : « Ah, s’il existait vraiment ton Dieu, il n’y aurait pas toutes ces guerres dans le monde ! » eh bien ils croient en un Dieu Superman. Ce n’est pas Dieu, ça ! Les guerres, ce n’est pas Dieu, c’est l’homme, hélas.

Imaginez deux secondes un enfant qui joue à la balançoire. Son père et sa mère sont là, à côté. Et son père lui dit : « Attention, ne te balance pas trop fort, tu vas tomber ! » Et arrive ce qui doit arriver : l’enfant tombe et se fait mal. Vous me voyez aller vers cet enfant et dire : « S’il existait vraiment, ton père, tu ne serais pas tombé ! » ???

On est au niveau zéro de la réflexion, là, quand même ! Bien sûr qu’il existe, son père, il est même à côté de lui ! Et il lui a dit : « Attention, tu vas tomber ! »

C’est ça, Dieu. C’est un père. Il est là, à côté de nous et il nous dit : « Attention, aimez-vous les uns les autres… si vous continuez à ne pas vous aimer, vous allez vous faire mal ! »

Mais tout comme le père à côté de la balançoire, il ne nous empêche pas de tomber. Ce n’est pas Superman.

Par contre, il sera toujours là pour nous relever, et pour nous pardonner, et pour nous dire : « C’est pas grave ! » La deuxième lecture nous le montrait très bien, d’ailleurs : il a pardonné toutes nos fautes d’avance sur la croix. …mais ce n’est pas pour ça qu’on ne les commettra pas ! Et il le sait !

Et puis, toujours comme un père, il ne va jamais se résigner à nos erreurs, jamais ! Il espérera toujours le meilleur de chacun de nous. La première lecture nous le disait avec ce célèbre marchandage extraordinaire entre Abraham et Dieu :

« Et s’il n’y a que 45 justes… ? …et si on n’en trouve que 30, que 20, et si on n’en trouve que 10… ? » Et Dieu passe son temps à dire : « Mais non, je ne détruirai pas, même s’il y en a qu’un ! »

Dieu veut le bonheur de ses enfants. Il veut nous protéger comme un père, mais il nous laisse notre libre-arbitre. C’est peut-être son plus grand malheur. Comme il l’a fait pour la ville de Sodome, jadis, c’est la suite de notre première lecture. Si nous voulons tomber de la balançoire, il ne peut pas nous en empêcher. Il va nous relever, il va nous faire un bisou, il va sécher nos larmes, il va mettre un pansement, tout ça. Mais il ne peut pas vous empêcher de tomber.

Dieu est père, pas Superman.

On pourrait continuer avec chaque autre phrase du Notre Père, même dans cette version très courte que nous avons eue, relatée par l’Évangéliste Luc, et qui surprend un peu parce qu’elle diffère un petit peu de nos versions habituelles.

Mais j’aimerais juste vous rendre encore attentifs à une chose par rapport à cette prière, cette prière qu’on répète parfois un peu facilement, comme une petite poésie qu’on a apprise par cœur.

Quand on a vraiment besoin de quelque chose – et ça vous arrive, hein ! – en général, on demande quelque chose à Dieu… « S’il te plaît, une place de parking, je suis en retard à la messe ! » 

Ça peut être pour des futilités et puis ça peut être : « S’il te plaît, guéris cette amie qui a un cancer à 45 ans et qui va mourir. Guéris-là ! »

Mais Jésus, dans cet Evangile, nous apprend à prier. C’est d’ailleurs la demande des disciples, vous l’avez remarqué : « Apprends-nous à prier ! »

Est-ce que le Notre Père commence par : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » ? Non. Il ne commence pas par une demande pour nous, le Notre Père. Quand Jésus nous apprend à prier, il nous dit : « Commence par dire ‘Père’. » Pas Superman, Père.

Commence par dire que Dieu est Père. Commence par confesser qu’il est Père. Et puis continue en louant son nom. En sanctifiant son règne… C’est tout autre chose que de commencer par demander pour toi.

Et puis peut être que… si ensuite tu demandes une place de parking, tu entendras une petite voix te dire : « Eh bien dimanche prochain, pars peut-être un peu plus en avance. Tu en trouveras une. »

Si nous commencions nos prières, Chers Amis, par un acte de foi, puis de louange. Par un « Merci » à Dieu : « Seigneur, je sais que tu es Père, que tu n’es pas Superman. Je sais que tu existes, je sais que tu es là. Je veux dire à quel point ton Nom est grand pour moi. Je sais que ton règne viendra. Maintenant, permets que je te demande quelque chose pour moi… »

Ah, c’est tout différent, hein ?

Rassurez-vous, je ne suis pas meilleur que vous, je n’y pense pas non plus toujours, à le dire comme ça. C’est ce que Jésus nous apprend quand on lui demande comment il faut prier.

Alors moi ce que j’en dis… mais si c’est lui qui le dit, c’est sûrement que c’est la bonne méthode ! Je peux en tout cas vous dire ceci, pour finir : c’est que lorsque je m’énerve en disant directement : « S’il te plaît, j’ai besoin d’une place de parking ! », ça ne marche jamais, mais alors jamais ! Que ce soit pour ça ou pour quelque chose de plus important.

Par contre, lorsque je prie comme Jésus nous le propose, il y a des résultats. Toujours. J’ai même vu des miracles survenir dans mes journées, des choses je croyais impossibles et qui se sont avérées, suite à de belles vraies prières.

Alors évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire, Chers Amis. Mais comme Sainte Bernadette le disait au curé qui ne la croyait pas, je vous dirai que « je ne suis pas chargé de vous le faire croire, je suis juste chargé de vous le dire… »

Après, faites-en ce que vous voulez…

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Bex, samedi 26 juillet 2025, 18.00

Aigle, dimanche 27 juillet 2025, 10.00

Les Plans sur Bex, dimanche 27 juillet 2025, 11.45 (version enregistrée)

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  1. Arthur

    Bonjour Vincent,
    nous avons eu la sainte messe dimanche au Plan.sur Bex avec Rolf. Ce fut une belle cérémonie dans un décor enchanteur sous un beau soleil.
    J’ai bien lu ton homélie et il m’a un peu questionné. Où en suis-je dans mes prières avec Dieu ? Pour moi personnellement c’est vrai qu’il est Père et en regardant mes journées je sens sa présence et je l’en remercie de tous ses bienfaits. Cette présence m’aide sur ma route et à accepter les aléas de mon âge.
    Merci Vincent pour tes phrases de ce dimanche, elles résonnent si justes. Bonne semaine et amitiés fraternelles.
    Arthur

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