Jean le plongeur

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Chers Amis,

Comme c’est beau, chez vous… pour moi qui découvre la Polynésie c’est magnifique !

Mais alors qu’est-ce qu’il y a d’églises ! Ah oui, vous avez des églises de toutes les sortes possibles, quasiment hein ! Les catholiques, les protestants, les évangéliques, les adventistes, il y a tout ! Il y a tout…

Moi, quand on me demande ce que je suis, je réponds que je suis CHRÉTIEN. Alors on me dit : « Mais tu es prêtre catholique… », oui bien sûr. Mais D’ABORD je suis chrétien.

Chrétien, ça veut dire que j’essaie de suivre le Christ… c’est ça que ça veut dire « chrétien ». C’est mon identité.

Et, vous le savez j’espère, le baptême ne fait pas de nous des catholiques. Le baptême fait de nous des chrétiens. C’est ensuite la profession de foi ou la confirmation qui va colorer notre baptême, nous donner une pratique. Nous sommes de confession catholique. Mais de religion, nous sommes chrétiens.

J’ai entendu encore il y a quelques semaines un célèbre présentateur français – je ne dirai pas son nom pour ne pas lui faire honte – qui parlait de « religion catholique »… c’est faux, hein, ça n’existe pas, la religion catholique. La religion, c’est le christianisme. Nous sommes de religion chrétienne et nous sommes de CONFESSION catholique, ce n’est pas pareil.

Avec tous les autres, nous sommes chrétiens. Et c’est une grande famille, vous savez combien on est sur la terre ? 2 milliards et demi, c’est la plus grande famille spirituelle de la planète. Tous, orthodoxes, anglicans, évangéliques, protestants… il y en a plus de 200 sortes différentes, vous imaginez ? Vous ne les avez pas toutes, ici… il y en a plus de 200 sortes, des chrétiens ! Et pourtant nous prions le même Dieu, Père, Fils et St Esprit, nous lisons la même Bible, nous avons le même baptême… il n’y a pas tant de différences entre nous, finalement… L’important, c’est ce qui nous rassemble.

Et Dieu nous voit de la même manière : « Dieu est impartial », disait notre deuxième lecture, il nous voit tous de la même manière, il nous aime tous de la même manière. « Il est le Seigneur de tous, Jésus », disait la deuxième lecture.

Le Seigneur de tous… et même lui, même le Seigneur de tous, il a eu besoin de se faire baptiser.

Alors j’ai une question encore, pour vous – je vous fais travailler, ce matin ! A votre avis, est-ce qu’on peut être d’une autre religion, vivre un baptême et rester de l’autre religion…?

…ah je vois que c’est difficile, hein… vous pensez plutôt « non »…

Et pourtant… c’est exactement ce que Jésus a fait, Chers Amis ! Jésus est juif, hein. il s’est fait baptiser par Jean dans le Jourdain… et il continue d’être juif. Ah oui, après son baptême, il continue d’aller à la synagogue et de pratiquer sa religion.

Cela veut bien dire que le baptême… – bien sûr, pour nous les chrétiens, le baptême fait de nous des chrétiens – mais il y a peut-être une signification plus LARGE du baptême.

Qu’est-ce que ça veut dire, « baptiser » ? Vous savez d’où ça vient ? …ça vient d’un verbe grec, BAPTIZO, et ce verbe veut dire « plonger ». Baptiser, ça veut dire « plonger ». Jean le Baptiste, c’est son surnom, mais il s’appelle Jean, en fait. il s’appelle Jean le Plongeur.

…Pas du tout parce qu’il fait la vaisselle au restaurant à la fin du repas… pas du tout non plus parce qu’il a des palmes et une bouteille et qu’il va plonger dans la passe, ici, non non non ! Mais il s’appelle « Jean le Plongeur », baptiser c’est plonger.

Et dans le baptême, il y a une idée de plongée. Aujourd’hui on verse trois gouttes sur le front quand on baptise, mais à l’époque les premiers chrétiens, ils étaient vraiment plongés. Si vous voyez les premiers baptistères, en Europe, c’est des piscines avec des escaliers qui descendent et qui remontent… et l’évêque était là, dans l’eau.. et la personne venait vers lui… et l’évêque lui disait : « Est-ce que tu crois au Dieu-Père ? », il appuyait sur la tête, PLAF, et il maintenait la personne sous l’eau quelques instants… et la personne remontait (bruit d’essoufflement) et disait « oui… », et il recommençait : « Est-ce que tu crois au Dieu-Fils ? », PLAF… « oui »… « Et est-ce que tu crois au Saint-Esprit ? », PLAF… « oui… »

Il y avait une idée de MORT dans le baptême : on meurt à notre ancienne vie et on renaît avec le Christ. Parce que l’eau… bien sûr c’est un symbole de vie, l’eau, on en a besoin pour vivre, mais DANS l’eau on ne pourrait pas vivre. Bien sûr, nous, les plongeurs, Avec une bouteille, un masque, on peut survivre une heure, un peu plus parfois… mais normalement on n’est pas faits pour vivre dans l’eau. L’eau, c’est la mort, pour nous.

Et dans le baptême. Il y a cette idée de mourir à notre ancienne vie pour revivre ensuite.

Moi qui n’avais pas plongé depuis vingt ans, quand je suis arrivé ici, la première fois que j’ai recommencé à plonger… j’ai ressenti comme une mort. Et puis après on reprend l’habitude et ça va mieux…

Mais tout ça pour dire que, le baptême, bien sûr on l’a reçu – souvent quand on était petit – mais symboliquement on peut recommencer ! On peut vivre souvent des baptêmes. On peut, plusieurs fois dans notre vie, essayer des mourir à la personne que nous étions était avant et revivre avec le Christ.

Et d’ailleurs c’est très bien que la fête du baptême soit au début de l’année, en janvier. Parce que c’est précisément le moment où l’on prend de bonnes résolutions, vous avez remarqué ?

Alors essayons de vivre un nouveau baptême, Chers Amis, au début de cette année. Essayons de réfléchir à ce qui doit mourir, ce qu’on doit laisser derrière nous en 2025… et ce qui peut revivre. Quelle manière est-ce qu’on aura, en 2026, de suivre le Christ, de revivre avec lui ?

Voilà une bonne réflexion autour du baptême. Parce que Dieu nous aime. Il nous aime en 2025 comme en 2026, il nous aime avec nos défauts comme avec nos qualités, mais à chaque fois que l’on revient vers lui… alors il est tout joyeux !

Et c’est exactement ce que vous aviez dans l’Evangile : quand Jésus remonte de l’eau, il entend la voix dire « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui je trouve ma joie ! »

Eh bien si vous faites l’exercice tout à l’heure – ou un autre jour de la semaine, quand vous serez dans l’eau, dans le lagon – réfléchissez à ce que vous avez envie de laisser derrière vous… qu’est-ce que je dois laisser mourir ? Et puis immergez-vous complètement, mettez la tête sous l’eau, et quand vous ressortirez, si vous écoutez bien, vous entendrez peut-être la voix de Dieu dire : « Celle-ci est ma fille bien-aimée ! Celui-ci est mon fils bien-aimé ! Et ce que tu viens de faire, cela me procure de la joie ! »

Amen.


Avatoru, Rangiroa, îles Tuamotu, 11 janvier 2026, 8.00

Tiputa, Rangiroa, îles Tuamotu, 11 janvier 2026, 10.00 (version enregistrée)

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  1. Sirot

    Merci pour ces explications aussi pertinentes que d’habitude. On sent tout de même que ce voyage vous a revivifié et que vous êtes reparti pour continuer à nous enseigner de manière si originale. Quel bonheur de vous entendre malgré la distance. Merci de tout cœur et bonne année à vous.

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