Carte des mets ou carte d’aimer ?

Classé dans : Homélies, Méditer | 0
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Chers Amis,

J’aimerais vous ramener quelques années en arrière… Quelques années avant le COVID même… Un petit peu plus loin encore, jusqu’en 2013. Le 13 mars 2013 pour être précis.

C’est une date qui ne nous rappelle probablement rien. Ce soir-là, vous étiez pourtant devant votre téléviseur. Nous découvrions ensemble un homme en blanc qui s’inclinait devant la foule rassemblée pour l’occasion sur la place Saint Pierre. Oui, c’est le soir de l’élection de notre Saint Père actuel, François, le 13 mars 2013.

Et ce geste qu’il a fait ce soir-là, s’incliner devant tout le monde, ce geste a ému le monde entier. C’est un geste profondément humble. S’incliner… surprenant de la part d’un élu. On n’imagine pas tellement un politicien faire cela le soir de son élection à la présidence de la République !

Ce geste nous a marqués. D’abord parce que s’incliner devant l’autre, par respect, c’est un très beau geste…

Un geste que notre monde occidental, ne connaissait pas beaucoup… et qu’il a appris à connaître, souvenez-vous avec le COVID : plutôt que de se donner la paix en se serrant la main dans les célébrations, on s’inclinait devant l’autre.

On a le droit de continuer à le faire d’ailleurs ! S’incliner devant la terre sacrée de l’autre… C’est très beau !

Abraham, qui était pourtant chez lui, même s’il était nomade, lorsqu’il a reçu ses visiteurs, la première lecture nous le racontait, Abraham s’est incliné devant la terre sacrée des gens qu’il recevait ce jour-là, devant ses sacrés visiteurs, pourrait-on dire.

Mais quels que soient nos gestes, ils sont importants. Ils ne sont pas neutres. Dans nos célébrations aussi, nos gestes sont importants, pas seulement ceux du prêtre.

Et la Bible nous parle de ces gestes, que nous refaisons parfois machinalement, ou que nous voyons faire sans bien les comprendre ou sans y penser, parce que on a toujours fait comme ça.

Le psaume que je vous ai chanté nous appelait à dire merci pour la libération du peuple de Dieu, parce que sans cette libération, nous ne serions pas là ce soir pour fêter. Et ce psaume disait : « Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? »

Et la réponse était dans la phrase suivante, vous l’avez entendue : « J’élèverai la coupe du salut ! »

J’élèverai la Coupe du salut, c’est exactement le geste que je vais faire tout à l’heure au moment de l’Eucharistie, avec la coupe. Je vais monter la coupe, non pas parce que j’aurais gagné je ne sais quelle coupe du monde de je ne sais quel sport, mais parce que j’élèverai la coupe du salut – ce n’est pas n’importe quelle coupe – et je l’élèverai pour rendre grâce. Vous savez que le sens du mot « eucharistie », en grec ça veut dire « rendre grâce ».

Alors vous me direz que dans le psaume, il n’y avait que la coupe. Manque le pain.

Et il fallait attendre la 2e lecture pour avoir le pain. La lettre de Saint Paul aux Corinthiens.

Et cette fois, c’est le geste de Jésus que nous rappelait Paul, avec ces mots que nous connaissons par cœur : « la nuit même où il fut livré, le Seigneur prit du pain, puis, ayant rendu grâce… », nous l’avons même chanté.

Paul conclut en donnant tout son sens à ce geste. Ainsi disait-il : « Chaque fois que vous mangez ce repas, chaque fois vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il revienne. »

Ce n’est donc pas un geste du passé que nous refaisons sur cet autel. C’est un geste pour demain, pour l’avenir, que le Seigneur nous donne pour attendre son retour. C’est un geste tourné vers le futur.

Nous avons donc, Chers Amis, des gestes du passé pour nous souvenir de nos ancêtres. S’incliner notamment. Et nous avons des gestes tournés vers le futur pour faire en sorte que Jésus revienne.

Et le présent alors ?

Eh bien, le présent, c’était l’Évangile qui nous le donnait, ce geste du présent : Jésus qui se fait serviteur.

Alors que même ses disciples le tiennent pour maître.

Serviteur… C’est ce que nous sommes tous, nous les prêtres ! Nous avons souvent de très beaux habits, comme celui que je porte ce soir, pour célébrer en vous servant ce repas… mais si vous allez dans n’importe quel bon restaurant, les serveurs sont effectivement très bien habillés.

Eh oui : cela dit, la qualité du repas et l’importance des convives. Si le serveur est complètement négligé, cela dit ce qu’il pense de vous !

C’est la même chose pour ce repas-ci. Nous sommes des serviteurs de ce repas et la beauté de notre habit dit quelque chose des convives et de l’importance de se repas que nous sommes là pour servir.

Jésus s’est fait le serviteur, alors même que ses disciples l’appelaient « maître ». Il s’incline – tiens- tiens ! – et il leur lave les pieds. Un autre geste très-très fort.

Et quand il reprend place à table, vous l’avez entendu, Jésus dit : « Est-ce que vous comprenez ce que je viens de faire ? »

Vous m’appelez ‘maître’, mais je ne suis qu’un serviteur…

Peut-être qu’il y a un moyen de l’imiter, c’est de se faire serviteurs à notre tour.

« Et de plus, disait Jésus, si j’ai fait ce geste, c’est pour vous apprendre à faire de même vous aussi ! »

Et donc c’est vous aussi qui devez être les serviteurs, les uns des autres, reproduire ces gestes de charité, s’incliner, servir… Ce devrait être fait par chaque baptisé pour ses frères et sœurs.

Au restaurant, Chers Amis, le serveur nous donne une carte des mets. M-E-T-S. Jésus, lui, nous donne une carte d’aimer. A-I-M-E-R.

Et dans ce repas que nous prenons à cette table, c’est cette force là que nous prenons, la force de nous aimer les uns les autres.

Parcourons ce menu d’amour qu’il nous propose, cette carte d’aimer, rassasions-nous à ce repas exceptionnel qu’est l’Eucharistie, et ayons toujours faim de ces gestes, de ce pain, de ce vin, de se servir les uns les autres.

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Villars sur Ollon, jeudi 17 avril 2025, 19.30

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