Paola et Julien – Homélie de mariage

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Cantique2,8-10.14-16a; 8,6-7a – Psaume 102(103) – Jean 15, 9-13

Quand Dieu a une idée dans la tête, chère Paola, cher Julien, en général, il s’y reprend à autant de fois qu’il est nécessaire pour que son idée aboutisse… Il vous avait bien fait asseoir l’un à côté de l’autre ce jour-là… mais non ! Vous ne vous étiez pas calculés, comme on dit aujourd’hui. 

C’est dommage, parce que lui, ça fait un moment qu’il vous a calculés ! Et il s’est dit : « Bon… ce sera pour la prochaine fois ! » Heureusement qu’il y a eu une prochaine fois ! Mais avec lui, il y a toujours une prochaine fois.

Il y a donc eu cette deuxième rencontre, où là, quand même, vous vous êtes remarqués… Même si ça pas été tout simple. Notamment pour Julien. Si… il faut être honnête, hein ?

Vous étiez trois en fait, dès le début ! Comme vous êtes trois aujourd’hui ! Paola ne vous a rien caché, je vous assure, hein ! Si je dis qu’ils sont trois, vous avez bien compris de qui il s’agit… Vous étiez trois dès le début, vous êtes trois aujourd’hui, parce qu’il était à l’origine de cette rencontre et il est là aujourd’hui. Et il était là depuis le début et durant tout le parcours qu’on a vécu ensemble, il était là aussi.

Aujourd’hui, il est plus que là puisque nous sommes dans sa maison. Et il sera là, il continuera d’être là, parce que Dieu est d’une fidélité à toute épreuve.

Il y avait d’autres termes sur sa carte de visite… la carte de visite de Dieu, c’est Hadrien qui nous l’a lue tout à l’heure, dans le psaume. Et il y avait ces mots : « tendresse, pitié, plein d’amour, lent à la colère… », exactement comme nous, on met : « PDG, responsable de telle entreprise… » Eh bien lui, sa carte de visite, c’est ça : il est tendre, il est miséricordieux, il est plein d’amour, il est lent à la colère.

D’ailleurs c’est joli parce que les psaumes ont été écrits en hébreu, et l’hébreu c’est une langue qui parle par images… Vous savez comment on dit « lent à la colère » en hébreu ? On dit « long de narines ».

C’est assez logique parce que, quand on se met en colère, c’est que la moutarde nous est montée au nez… et si on a un grand nez, bah elle met plus longtemps à sortir, tout simplement !

Notre Dieu a donc un grand nez.

Et puis il y avait un mot, une expression dans ce psaume, qui mérite un petit mot d’explication : « il est amour pour ceux qui le craignent. »

« Craindre Dieu », ça ne veut pas du tout dire « avoir peur de lui ». Malheureusement, en français, on ne voit plus tellement la différence entre « craindre » et « avoir peur ». Mais « craindre », dans la Bible, ça veut dire « respecter », « respecter comme un père, comme une mère »… c’est ça, craindre Dieu.

Et donc il est plein d’amour pour ceux qui le craignent, au sens de respecter, tout simplement. C’est votre cas puisque vous êtes ici aujourd’hui, puisque vous avez choisi de nous faire venir ici, aussi.

Dieu, il est présent aussi dans sa parole, bien sûr. Notamment dans le psaume, mais aussi dans les autres textes que vous avez choisis.

Le premier, que nous a lu Vanessa, il a l’air tout gentil comme ça, en français. Mais en réalité, si on le lisait dans sa langue d’origine, on aurait quelques surprises. Parce que la Bible, vous savez, c’est une grande bibliothèque. Il y a une septantaine de livres, dans la Bible : il y a des lettres, il y a des livres historiques, il y a l’histoire de Jésus, il y a des prophètes, il y a l’Apocalypse, il y a plein, plein, plein de choses différentes.

Et puis il y a un livre érotique. Si si ! Je sens que certains vont se précipiter sur leur Bible ce soir en rentrant….

En français, ça ne nous apparaît pas tellement, hein, vous n’allez pas vous en rendre compte, mais c’est ce que nous a lu Vanessa, le Cantique des Cantiques. C’est un livre d’amour, et j’aime mieux vous dire que si vous le lisez dans la langue de Jésus, « Cinquante nuances de Grey », ils peuvent aller se rhabiller, hein ! C’est du lourd. Et c’est beau, c’est très beau.

C’est une manière de montrer que l’amour, c’est ce que Dieu souhaite pour nous, c’est ce qu’il a créé de plus beau. Les gestes les plus beaux qu’il a créés.  Et c’est cela qui manifeste sa présence.

D’ailleurs, il n’y a qu’à regarder Paola et Julien depuis tout à l’heure, vous avez une image de Dieu. Il y en a plein d’autres. Mais en voici une, voilà.

Ce texte nous disait plein de belles choses, il parlait de Paola comme de la « toute belle ».

Là, vous êtes en train de vous dire : « Mais… il n’y avait pas le nom de Paola dans le Cantique des Cantiques ? » Non, mais chaque fois qu’on ouvre la Bible, elle nous parle de l’aujourd’hui, de ce qu’on est en train de vivre. Donc, lorsqu’on ouvre la Bible au jour de votre mariage, elle nous parle de vous !

La colombe, blottie dans le rocher, toute belle, c’est bien sûr toi, Paola, aujourd’hui.

Pour Julien, c’est moins évident, parce qu’on parlait du « petit d’une biche ».

Alors, avec tout le respect qu’on a pour Éliane… il est un peu plus que le petit d’une biche, quand même ! Mais c’était joliment dit !

Ce texte nous rappelait surtout que l’amour, votre amour, est fort comme la mort, que ses flammes sont des flammes brûlantes, que les torrents ne peuvent pas l’éteindre. Voilà une autre belle image de l’amour.

Et l’amour, c’est définitivement le thème du troisième texte que vous avez choisi, l’évangile dans lequel Jésus vous demande de demeurer dans son amour.

La demeure, c’est une maison. Il s’agit donc de faire votre maison dans l’amour. C’est cela, demeurer dans son amour.

Et puis, il vous demandait de garder ses commandements pour que sa joie soit en vous. Garder des commandements, ça n’est pas difficile si ça procure la joie ! Et ce commandement-là dit-il, eh bien il procure la joie.

Et ce commandement, c’est lequel ? Vous l’avez entendu : « Aimez-vous les uns les autres… »

Mais la phrase n’est pas terminée ! « Aimez-vous les uns les autres », c’est déjà pas évident, hein, faut reconnaître. Mais il y a la suite de la phase : « aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés ». C’est-à-dire : [montrant le crucifix] comme ça !

Alors là, évidemment, c’est autre chose. « Aimez-vous jusqu’à pouvoir donner votre vie les uns pour les autres »… 

C’est ce que vous faites aujourd’hui ! En scellant votre vie à celle de l’autre, vous donnez votre vie à l’autre. C’est ça ! Et ce n’est rien d’autre que cela qu’il a fait sur la croix. Ce n’est pas une image triste !

Un jour où j’étais ado et que je critiquais la croix, parce que je trouvais que c’était dur, cet instrument de torture pour parler de l’amour de Dieu, un petit bonhomme haut comme ça m’a dit : « Vincent, tu as rien compris ! Tu sais, il suffit de relier les pointes. Alors ça fait un cœur. » Parce que le jour où il a donné sa vie, il nous a aimé jusqu’au bout. C’est un signe d’amour.

Eh bien je ne peux plus jamais regarder une croix sans voir le cœur qu’il m’a dessiné autour.

C’est véritablement sa manière à lui de nous aimer, de vous aimer, et ce sera votre manière à vous – j’espère pas que sur la croix, mais il y aura des croix, dans votre histoire – ce sera votre manière à vous de vous aimer, de donner votre vie pour celui, pour celle qu’on aime.

Alors, chère Paola, cher Julien, que ce 9 mars ne soit surtout pas le plus beau jour de votre vie, sans quoi ça voudrait dire que tous les autres seront moins bien, mais qu’il soit le premier des plus beaux jours désormais.

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Vétroz (VS), samedi 9 mars 2024, 14.00

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