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Homélie pour le 12e dimanche TO, année A
Jr 20,10-13 / Psaume 69 / Rm 5,12-15 / Matthieu 10,26-33
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
Le fil rouge de la page d’Évangile que nous venons de réentendre tient en trois mots. Trois mots qu’en plus nous avons entendu par trois fois ! Trois mots tout simples de la part de Jésus. Et qu’il répète régulièrement ! Trois mots faciles à retenir. Et pourtant, qu’est-ce que nous avons de la peine à les intégrer ! Trois petits mots : N’AYEZ PAS PEUR.
N’ayez pas peur du regard des autres, n’ayez pas peur des autres eux-mêmes, n’ayez même pas peur pour vous-mêmes, nous disait Jésus dans l’Évangile.
Vous me direz, nous, ça va, on n’a pas peur, on n’a pas peur du regard des autres… Vous êtes bien sûrs ?
Il y a un domaine où l’on est parfois un peu frileux, me semble-t-il. C’est précisément lorsqu’il s’agit de parler de Dieu, de parler de notre foi. Lorsqu’il s’agit de dire qu’on est croyant et pratiquant.
C’est pas toujours simple de parler de Dieu.
Je me souviens d’une paroissienne qui, en me voyant prier mon chapelet, en marchant du côté de la gare là-bas, m’a dit ensuite : « Mais tu oses comme ça prier dans la rue ? » Oui, j’espère bien que j’ose ! Le chapelet, c’est pas une arme de destruction massive, ça fait de mal à personne.
Un autre jeune, il y a quelques années, me disait sa difficulté à témoigner de sa foi en paroles autour de lui, dans sa profession, dans son institution. Il est au contact de plus jeunes et c’est très mal vu de parler de religion.
Plus exactement, il faut être honnête, c’est très mal vu de parler de la religion chrétienne. On peut tout à fait parler sans problème des religions des autres dans cette institution, des prières des musulmans, des rites bouddhistes, de la réincarnation, des habitudes juives, des dieux de l’hindouisme… alors là, aucun problème ! C’est même compris comme de la connaissance de l’autre. C’est très bien vu.
Mais si lui, qui est chrétien, en vient à parler de sa propre religion dans cette institution qui fait de l’aide sociale aux jeunes, eh bien, c’est considéré comme du prosélytisme, figurez-vous. Il m’a dit qu’il avait peur de se faire licencier s’il osait parler de Dieu aux enfants dans cette institution.
Et ce que je viens de vous dire se passe dans notre pays, chez nous, un lieu où – a priori – on ne risque pas sa vie en allant à la messe.
Dites-moi les amis, on va où là ? On va où ?
Soyons fiers d’être chrétiens, soyons fiers d’être croyants. N’ayons jamais peur d’en témoigner à l’extérieur de ces murs, n’ayons jamais peur de témoigner du Christ parce que c’est la pire insulte qu’on pourrait lui faire. Avoir peur de parler de lui, vous ne croyez pas ?
Les textes que nous avons entendu ce matin nous disent d’ailleurs qu’il ne faut pas avoir peur de témoigner de nos convictions. Jérémie, dans la première lecture, le disait à sa manière, en commençant par se plaindre, en commençant par des jérémiades – le nom vient de lui, j’espère que vous le savez, les jérémiades… c’est parce que Jérémie se plaint toujours que ce mot a été inventé.
Jérémie commence par se plaindre, c’est vrai, mais il nous plaint aussi, vous l’avez entendu. Il nous dit : « Vous serez raillés, dénoncés par ceux que cela arrange. » Mais un verset plus loin, nous l’avons entendu aussi, il nous rappelait que le Seigneur est avec nous, toujours, et que tôt ou tard, nos détracteurs seront couverts de honte. Nous n’avons donc pas à avoir peur, de témoigner de notre foi.
Jésus le disait aussi à sa manière dans l’Évangile, ne craignons rien, tout ce qui est secret, tôt ou tard, sera dévoilé. Et c’est notre rôle, disait-il, de proclamer certaines choses au grand jour.
La peur, Chers Amis, de tout temps, est mauvaise conseillère, très mauvaise conseillère. C’est l’une des meilleures armes du diable, la peur. Il adore nous faire peur… Et alors quand il arrive à nous inspirer la peur de parler de Dieu, jackpot ! Il a tout gagné. Imaginez : « j’ai réussi à leur faire peur de parler de Dieu ! »… mais quelle victoire pour le démon !
Et pourtant, je peux en témoigner, Dieu nous donne toujours les moyens de parler de lui, toujours.
Si vous avez peur d’aller évoquer votre foi quelque part devant des gens, c’est légitime, on est des êtres humains, le moment venu, soyez certain, l’Esprit Saint vous aidera ! Je peux vous le garantir, je le vis tout le temps !
Et toutes les personnes qui ont eu à témoigner de leur foi ici ou là vous le diront : l’Esprit Saint nous aide dans ces moments-là. N’ayons pas peur !
N’ayons jamais peur de montrer notre foi non plus, parce qu’alors on glisserait insidieusement vers une foi cachée que l’on aurait peur d’assumer. N’ayons pas peur de porter une croix, par exemple, y compris et surtout si elle est visible. N’ayons pas peur de prier en public. N’ayons pas peur de faire un signe de croix au restaurant avant de commencer notre repas. Je le fais pour ma part, toujours.
N’ayons pas peur, Chers Amis, réveillons-nous !
Qu’est-ce qu’on va dire à Dieu, en arrivant là-haut ? « Ah Seigneur, vous savez, c’est vrai, je suis resté discret, mais j’ai eu un peu peur de parler de vous autour de moi… »
…J’ai eu un peu peur de parler de vous autour de moi ?? C’est ça qu’on va lui dire ? Ah moi, je n’aimerais pas !
La foi nous fait vivre. C’est une raison de vivre aussi importante que l’air que nous respirons. Et comme le disait Paul dans notre deuxième lecture, nous avons tous – TOUS ! – reçu la grâce. Nous avons tous reçu cette force qui nous aide à témoigner. Utilisons-la !
Osons témoigner du Christ dans notre vie. Osons parler de lui au café, dans le train, en attendant le bus, dans la salle d’attente du médecin… …Surtout dans la salle d’attente du médecin, plutôt que d’échanger sur les âneries que nous lisons dans les magazines qui sont sur la table ou sur l’actualité qui ne parle pas souvent de Dieu.
Osons montrer nos signes chrétiens, notre manière chrétienne de vivre nos prières. Parce que si nous ne le faisons pas, chers amis. D’autres prendront cette place, assurément.
Ils ne sont pas moins bons que nous, au contraire : ils sont plus courageux parce qu’ils osent le faire.
Je crois, Chers Amis, que c’est maintenant qu’il nous faut nous réveiller à ce sujet. Chasser de nous cette peur malsaine de parler de Dieu à nos enfants, à nos petits-enfants, ou même à un inconnu dans la rue. Osons le faire ! Osons témoigner du Christ, osons dire aux autres quelle joie nous avons d’être croyants. Osons parler de celui qui est le soleil de nos vies, celui qui nous redit à longueur de page : « n’ayez pas peur ! »
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Villeneuve, dimanche 21 juin 2026, 9.30
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