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Homélie pour le 18e dimanche TO, année A
Isaïe 55,1-3 / Psaume 144 / Romains 8,35.37-39 / Matthieu 14,13-21
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
Une petite histoire de circonstance, pour commencer, si vous le voulez bien.
C’est l’histoire d’un homme qui se trouve dans sa maison, au milieu d’une forêt de pins, dans le sud-ouest de la France, vous voyez le tableau ? L’incendie fait rage au loin et les pompiers viennent lui conseiller d’évacuer sa maison.
- Venez, Monsieur ! Il faut partir ! Nous sommes ici pour vous sauver !
Et l’homme de répondre :
- Pas besoin, je crois en Dieu ! Je sais qu’il est mon Sauveur et qu’il viendra me délivrer.
Un peu plus tard, alors que le feu s’est rapproché et commence à brûler les maisons avoisinantes, les pompiers reviennent :
- Venez, Monsieur, n’attendez pas, c’est dangereux ! Venez avec nous. Nous sommes là pour vous sauver !
- Pas besoin, je vous l’ai dit ! Je suis croyant, moi. Je sais que Dieu viendra me sauver !
Moins d’une demi-heure plus tard, l’homme s’est réfugié dans sa piscine. Le feu fait rage tout autour de lui, seul le petit chemin qui mène à la route permet encore aux pompiers de s’approcher. L’un d’eux interpelle l’homme dans l’eau, en lui tendant la main il peut presque le toucher :
- Venez, Monsieur ! Il n’y a plus d’espoir. Moi seul peux vous sauver ! Venez avec moi !
- Non ! reprend l’homme. Vous savez ce que c’est que la Foi ? Eh bien moi, je l’ai ! Je sais que Dieu viendra me sauver.
Et malheureusement ce pauvre homme meurt, asphyxié par les fumées, dans sa piscine.
Je vous rassure, ce n’est qu’une histoire !
Il arrive très irrité devant Saint Pierre et il lui lance :
- C’était bien la peine de venir à la messe tous les dimanches, c’était bien la peine de croire toute ma vie durant ! Voilà le résultat : Dieu m’a laissé mourir alors qu’il m’avait promis de venir me sauver !
Et derrière Saint Pierre, la voix de Dieu lui répond :
- Mon Ami, je t’ai envoyé trois fois les pompiers pour te sauver…
…Ce n’est qu’une blague, bien sûr !
Mais c’est une blague qui illustre bien une forme de foi qui serait complètement défaillante – et malheureusement, elle est très répandue ! Une foi magique : « Je crois DONC je serai sauvé ! »
Il faut attendre de Dieu des miracles et notre salut, évidemment ! Mais pas sans notre participation, Chers Amis ! Le salut ne vient pas tout cuit du ciel. Dieu a besoin de nous pour nous sauver.
Comme le pompier ne pouvait pas forcer l’homme à venir avec lui, Dieu a besoin que nous lui tendions la main, nous aussi. Il veut nous sauver, mais il a besoin de notre geste, de notre accord pour cela.
Dans la première lecture, le livre du prophète Isaïe, Dieu disait effectivement au peuple qu’il aurait le salut, qu’il aurait à boire et à manger gratuitement… « Voici de l’eau, même si vous n’avez pas d’argent » disait le texte.
Mais il ne fallait pas oublier le VERBE qui revenait 4 fois dans le texte d’Isaïe et 5 fois dans ma petite histoire : « Venez ! »… « Venez ! »… « Venez, Monsieur ! Je suis là pour vous sauver ! »… « Venez, dit le prophète Isaïe, venez manger gratuitement ! »
C’est ce que vous êtes venus faire ce matin – c’est gratuit, la messe !
Venez ! Sous-entendu : « Si vous ne venez pas, je ne peux rien faire pour vous ! »
« Venez, voici de l’eau… venez vous restaurer gratuitement… VENEZ ! » Le Seigneur nous attend, il nous tend la main. Mais il attend de nous que nous venions vers lui, que nous lui tendions, nous aussi, la main.
Même chose pour le psaume qui nous rappelait les bontés et les largesses du Seigneur. Le Seigneur est tendresse, pitié, plein d’amour, sa bonté est pour tous, il donne la nourriture au temps voulu… magnifique ! Mais ça ne va pas tomber tout cuit dans notre assiette ! Le psaume poursuivait : « Le Seigneur est proche – et vous l’avez chanté – le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent en vérité »…
Encore faut-il l’invoquer EN VERITE, pas avec une foi automatique ou magique – « je crois donc je serai sauvé » – ça n’est pas invoquer Dieu en vérité, cela.
Rien ni personne ne peut nous séparer de l’Amour infini de Dieu, Paul le disait dans la deuxième lecture. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.
Mais il nous faut faire un geste à notre tour aussi. A nous de tendre la main pour être sauvés. À nous de nous laisser faire pour que Dieu puisse commettre un miracle.
C’était exactement le sens de cet Evangile de la multiplication des pains qu’on connaît par cœur ! Jésus peut multiplier les pains. Il n’a pas besoin de nous pour cela, il n’a même pas besoin de CINQ pains et de DEUX poissons, un seul lui suffirait.
Mais il dit aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »…
Donnez-leur vous-mêmes à manger, sous-entendu : « Je ne le ferai pas sans vous, ce miracle ! J’ai besoin de vous pour cela ! »
Alors, Chers Amis, n’hésitons jamais à tendre la main à Dieu, comme vous le faites ce matin. Il prend parfois des formes humaines, comme les pompiers de ma petite histoire de tout à l’heure, mais c’est bien lui qui vient nous sauver !
Il est là, toujours, au creux de chaque manque, de chaque difficulté, de chaque souffrance. Il est là. Il nous tend la main et il nous dit de tendre à notre tour notre main à nous, de nous accrocher, de faire notre part du boulot.
Alors – et alors seulement, avec nous – il pourra faire un miracle.
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Villeneuve, samedi 1er août, 18 h.
Aigle, dimanche 2 août, 10 h.

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