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Homélie pour le 17e dimanche TO, année A
1Rois 3,5.7-12 / Psaume 118(119) / Romains 8,28-30 / Matthieu 13,44-52
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
Tous ces week-ends du mois de juillet, et ce soir encore, nous lisons les fameuses paraboles du Royaume que nous offre l’Evangile de Matthieu, ces petites histoires que Jésus raconte à ses disciples ou aux foules et qui commencent par « le Royaume des Cieux est comparable à… » ou « ressemble à… ».
Il y en a bon nombre dans l’Evangile.
Mais pour bien lire la Bible, il nous faut demander d’être éclairés par l’Esprit – c’est le sens, d’ailleurs, de la prière que nous faisons avant les lectures à la messe. Il nous faut prendre le temps de lire les petites notes de nos Bibles et, enfin, il vaut parfois aussi mieux demander le conseil de ceux qui connaissent un peu la Bible quand un texte nous paraît étrange. En somme, il nous faut demander la sagesse, le discernement, comme le roi Salomon dans notre première lecture. Cela nous évite quelques erreurs redoutables en lisant la Bible.
Une de ces erreurs est régulièrement commise avec les paraboles du Royaume. L’erreur, ce serait de lire ces paraboles en comparant le Royaume au mot qui suit – et malheureusement notre langue française nous invite presque toujours à cela.
Par exemple, notre première parabole, ce soir, commençait par : « le Royaume des Cieux est comparable à un trésor… » – ah, donc le Royaume des Cieux est un trésor… NON, pas du tout ! La deuxième que nous avons entendue, une phrase plus loin, commençait par : « Le Royaume des Cieux est comparable à un négociant » – ah, alors le Royaume des Cieux, c’est un négociant… NON, pas du tout ! La troisième parabole de ce soir commençait par : le Royaume des Cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer » – ah, donc finalement le Royaume des Cieux, c’est un filet ? NON, pas non plus.
A chaque fois, c’est l’ENTIER de la petite histoire qui est comparable au Royaume des Cieux. C’est l’entièreté de l’histoire que raconte Jésus qui dit quelque chose du Royaume des Cieux.
Le Royaume des Cieux est comme l’histoire de ce négociant qui trouve une perle fine, etc, etc… Le Royaume des Cieux est comme l’histoire de cet homme qui a trouvé un trésor et – vous l’avez entendu – qui le remet à l’endroit où il l’a trouvé et qui achète le champ… Le Royaume des Cieux est comme l’histoire de ce filet, jeté dans la mer, qui ramène toutes sortes de poissons.
Vous voyez ?
Si l’on applique cela à nos trois paraboles de ce soir, cela vient nous dire – si je prends la parabole du filet d’abord – que le Royaume des Cieux est à priori pour tout le monde – il y a toutes sortes de poissons dans ce filet.
Et en même temps – vous l’avez entendu – il y a un tri, qui ne nous appartient pas : ce sont les anges qui trient ce qui est bon et ce qui est moins bon, comme on trie les poissons après la pêche. Le Royaume est fait pour tous, mais peut-être que tous ne sont pas faits pour le Royaume, autrement dit.
Les deux autres histoires, le trésor et la perle viennent nous dire ceci : Dieu cherche les perles que nous sommes, les trésors que nous sommes à ses yeux.
Il nous cherche, dans le bon sens du terme !
Et il est fou de joie lorsqu’il nous trouve, lorsque nous revenons vers lui. Tellement fou de joie qu’il achète le champ où il a trouvé le trésor, qu’est-ce à dire ? Si le trésor, ce sont les êtres humains, le champ, c’est le monde : Dieu rachète le monde entier dans sa joie d’avoir trouvé le trésor que nous sommes ! Il donne tout ce qu’il a pour acquérir la perle fine de sa Création qu’est l’être humain.
C’est beau, non ?
Vous voyez qu’à partir de petites histoires de trésor, de perles, de filet à poissons – de petites histoires qui pourraient nous sembler simplistes – il y a beaucoup plus à creuser, en réalité. Et quand je dis « beaucoup plus à creuser », ce n’est pas un jeu de mots relatif au trésor dans le champ, je vous rassure !
Au final, Chers Amis, c’est Paul qui nous donne la clé de tout cela dans notre deuxième lecture de ce soir : « quand les hommes aiment Dieu, dit Paul, alors lui-même fait tout contribuer à leur bien », puisque c’est par son Amour qu’il nous appelle, puisque c’est à son projet d’amour, le Royaume, qu’il nous invite.
Son amour est même notre consolation, disait le psaume.
Si nous laissons Dieu nous trouver dans le champ qu’est le monde, il fera de nous sa perle la plus précieuse.
Laissons-nous donc trouver par ce Dieu qui nous cherche, revenons à lui régulièrement, exactement comme vous l’avez fait ce soir, il a racheté le monde par amour pour nous.
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Clarens, samedi 25 juillet 2020, 18.00 (version enregistrée)
Montreux, dimanche 26 juillet 2020, 11.00
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