Les dés, Zundel… et la JOIE !

Classé dans : Homélies, Méditer | 1
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Photo libre de droits : pixabay

Chers Amis,

J’ai commandé sur internet, l’autre jour, quelques dés. Non pas des dés à coudre – la couture et moi ça fait carrément deux ! – mais des dés pour jouer. Oui j’aime bien les jeux de société, en famille, avec des amis… nous sommes très joueurs dans ma famille.

Et j’ai entendu un jour quelqu’un me dire que les jeux de hasard c’était hérétique, faire appel au hasard en lançant un dé ce serait nier Dieu… Et  cette personne me disait : « C’est certain parce que je l’ai lu sur internet ! »

Alors méfiance sur ce que vous trouvez sur internet, chers Amis, d’abord… Et puis non, faire appel au lancer de dés, ce n’est pas hérétique, c’est biblique. Mais pour le savoir, évidemment, il faut lire la Bible.

Car plus d’une fois, dans notre livre sacré, on fait appel au tirage au sort en utilisant les dés de l’époque, qu’on appelle Urim et Toumim dans la Bible. Et ce, y compris pour de très nobles causes car, si vous avez bien écouté notre première lecture, c’est en tirant au sort que l’on a choisi le disciple qui allait remplacer Judas dans le groupe des Douze. Vous venez de l’entendre.

Donc, évidemment, il faut lire un peu avant d’asséner des choses qu’on voit sur les écrans et qu’on croit exactes.

Sur certains sites internet, on lit d’énormes bêtises. J’ai lu par exemple tout récemment sur internet qu’on pourrait tout à fait être franc-maçon et catholique. Alors que non, hein !

Non, le cardinal Ratzinger, en 1983, l’a parfaitement rappelé  en redisant qu’un catholique qui serait inscrit dans une loge maçonnique serait non seulement en état de péché grave mais privé de communion. Être catholique et inscrit dans une loge maçonnique, c’est strictement interdit.

Alors vous me direz : « c’est vieux, 1983, et puis c’était Ratzinger, c’était pas le plus souple de l’équipe, hein ! »

Oui, mais ça vient d’être redit par le pape François. Ah, on ne peut pas tout à fait le soupçonner d’être le plus rigoureux de l’équipe, au contraire : c’est quelqu’un qui est très ouvert. Mais sur cette question-là, il est très clair. Evidemment là encore il faut lire ce qu’écrit le pape François, ça peut servir. Surtout si on se dit catholique.

Un autre que beaucoup de gens croient connaître sans l’avoir jamais lu, c’est Maurice Zundel, ce prêtre mort en 1975 et qui – je ne vous l’apprends pas, j’espère ! – a séjourné pendant un certain temps dans ces murs-mêmes, dans notre église.

Quel caractère, Zundel ! Ses colères étaient célèbres, notamment lorsqu’on ne respectait pas l’Evangile. Il a été détesté, vous savez, dans certains cercles parce qu’il prêchait la radicalité de l’Evangile, sans aucune compromission.

Impossible, pour Zundel, de se dire Chrétien tout en appartenant à un groupe qui prêche autre chose !

Le Dieu de Zundel, notre Dieu, n’a rien d’un grand architecte ou d’un nécessaire vide qu’on rechercherait au fond de nous obtenu par telle ou telle ouverture de chakra. Zundel ne faisait pas de yoga, et pour cause : Dieu est PRESENT au plus profond de nous, le Christianisme est une présence en nous. C’est tout le contraire d’un VIDE qu’on rechercherait en nous, ça n’a rien à voir, c’est Dieu que nous recherchons en nous.

Mais aujourd’hui, on est loin d’avoir vraiment compris Zundel, cet homme qui sera reconnu comme saint, je n’en doute pas un seul instant, et dont nos amis des Plans sur Bex éditent les œuvres complètes – je dis cela au passage, ça vaut la peine de les lire…

Il est assez surprenant, par exemple, de voir qu’on vient d’inaugurer un « Espace Maurice Zundel » à Lausanne, dont l’occupation n’a à peu près rien à voir avec ce qu’était Zundel.

Entre le yoga, la méditation zen, l’initiation au Qi-gong, le tout dans un espace épuré aux murs blancs, sans Jésus ni sur la croix ni ailleurs, d’ailleurs… c’est très, très mais alors très mal connaître l’homme que fut Maurice Zundel !

Zundel n’aimait personne plus profondément que le Christ, présence des présences, feu brûlant au fond de lui, joie de toute sa vie, et il préférait mille fois un champ de fleurs multicolores à un mur blanc, j’aime mieux vous dire !

Dans le psaume, nous avons entendu : « Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint tout mon être »…

Tout mon être ! Ça, c’est Zundel : il ne peut pas y avoir une seule partie de moi qui ne bénit pas le Seigneur ! Je ne peux pas être divisé dans mon être chrétien. Il ne peut pas y avoir une partie de moi qui vient à la messe et puis une autre partie qui va siéger dans des conseils qui critiquent les Chrétiens, ça ne va pas !

La cohérence du Chrétien, c’est tout ce qu’a prêché Zundel…

« Le pire des athéismes, disait Zundel, c’est de parler de Dieu sans le vivre. »

…« Le pire des athéismes, c’est de parler de Dieu sans le vivre. » …

Zundel était littéralement brûlé de l’intérieur par la joie et par l’amour, les deux autres thèmes-phares des lectures que nous venons de réentendre.

Une anecdote à son sujet, que vous connaissez peut-être, le résume parfaitement. Un jeune moine novice était allé se confesser auprès de Maurice Zundel. Et en entrant dans la pièce, le moine s’apprêtait à se mettre à genoux pour se confesser, bien sûr… Et là première surprise : c’est Zundel qui est à genoux et qui lui désigne un chaise pour s’asseoir.

Etonné, le moine s’assied… et Zundel lui dit : « C’est Dieu qui s’agenouille devant celui qui revient vers lui ! Pas le pénitent ! »

Le jeune moine commence évidemment à égrener ses péchés… Mais au bout de quelques secondes, Zundel le stoppe.

Il  lui dit : « Mon Frère, dites simplement que vous avez manqué d’Amour. Ça résumera tout ce que vous vous apprêtiez à dire. »

Le pape François nous a demandé à nous, les prêtres, dans une très belle lettre qu’il nous a écrit il y a quelques temps, d’interrompre la personne qui vient se confesser quand elle égrène ses péchés, pour cette même raison.

Peu importe : dites que vous avez manqué d’amour. Parce que c’est ça, au fond : derrière chacun de nos péchés se cache un manque d’amour envers notre prochain, envers nous-mêmes ou envers Dieu. Ça résume tout.

Enfin, évidemment, le jeune moine se demandait quelle pénitence Zundel allait bien pouvoir lui donner… combien de « Je vous salue Marie », combien de « Notre Père », comme on le faisait jadis, quand on pensait que Dieu est un épicier qui pardonne davantage à celui qui a prié neuf « Je vous salue » qu’à celui qui n’en aurait prié que huit…

Dieu n’est pas tout à fait comme cela, et Zundel l’avait compris.

Pour Zundel la pénitence était toujours liée à la joie. Il demandait d’aller voir un beau paysage, un spectacle joyeux, de s’émerveiller devant un champ de fleurs, de demeurer dans la joie du Seigneur. Jamais de contempler un mur blanc ou d’ouvrir ses chakras, voyez… Et ce jour-là il a demandé simplement au jeune moine : « Répands la joie autour de toi, aujourd’hui ! »

Ce n’est pas facile, hein ! Mais quelle belle pénitence !

Un peu étonné, le jeune novice est reparti tout en disant, sur le pas de la porte, à Zundel : « Père Zundel, priez pour mon humilité. » Et là, le jeune moine dit qu’il n’a jamais vu Zundel se mettre aussi en colère. Il a fulminé, et il lui a dit : « NON ! Pas l’humilité ! La JOIE ! La JOIE ! »

…Tout le monastère l’a entendu !

C’était ça, Zundel… C’était ça.

Il avait compris que Jésus n’a jamais demandé de fausse humilité, qu’on se mortifie, qu’on prenne un air compassé…

En revanche, notre Seigneur a insisté lourdement – notamment dans les textes que nous lisons ces jours, dans les tout derniers jours de sa vie parmi nous – il a insisté sur l’Amour et sur la Joie. Deux valeurs sans lesquelles on ne peut pas porter le beau nom de Chrétiens.

Dieu est Amour, nous rappelait la deuxième lecture. Et Jésus, dans l’Evangile, nous redisait combien il nous a dit tout ce qu’il nous a dit pour que notre joie soit parfaite.

Deux valeurs, l’Amour et la Joie, que nous devons répandre autour de nous coûte que coûte, sans compromission, parce que Jésus a incarné la cohérence jusqu’à la dernière goutte de son sang.

Dieu, Chers Amis, n’est pas le Grand Architecte de plans codés, il est le Créateur de la Vie et il nous la confie. Dieu n’est pas un Maître-Yogi avec ses disciples à genoux autour de lui, c’est lui-même qui se met à genoux lorsque nous revenons vers lui. Dieu n’est pas le vide en nous, il y est le contraire : la présence la plus pure, la plus flamboyante.

Dieu n’est pas l’œil qui nous surveillerait, il est la voix qui nous dit: « Je t’aime ». Dieu n’est pas le grand maître d’un petit club sélect et secret dont on exclurait ceux qui ne possèdent pas les codes, il est le rassembleur de toute l’humanité, il n’exclut personne y compris celui qui n’a pas les codes.

Laissez-moi vous redire ces mots de Zundel « Le pire des athéismes c’est de parler de Dieu sans le vivre. »

Alors vivons Dieu, Chers Amis ! Vivons dans la joie, l’amour, l’accueil inconditionnel de chacun, dans l’attention au plus petit, c’est ainsi que nous reflétons le visage de Dieu.

Et si d’aventure vous devez choisir entre deux options, que ce soit pour une décision essentielle ou pour trancher entre deux possibilités de menus pour la fête des mères, souvenez-vous qu’un lancer de dés, ce n’est pas hérétique, mais biblique. A condition qu’il soit accompagné de votre prière, bien entendu.

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Bex, samedi 11 mai 2024, 18.00

Aigle, dimanche 12 mai 2024, 10.00

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  1. Nicole Jahan

    Merci de parler de Maurice Zundel car il n’est pas assez connu !!

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