Baptisé catholique ? Impossible.

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Chers Amis,

Sur une grande chaîne de télévision française que je ne nommerai pas mais qui se targue souvent d’être plus catholique que le pape, j’ai encore entendu tout récemment quelqu’un dire « Ah moi j’ai été baptisé catholique »

Impossible ! C’est impossible, Chers Amis.

C’est totalement impossible. Être baptisé catholique, ça n’existe pas. Lorsqu’on reçoit le baptême, on devient CHRETIEN, pas catholique. Ce n’est que la Confirmation de notre baptême – une profession de foi – qui va colorer ce baptême et fera de nous des catholiques, des réformés, des orthodoxes ou des anglicans, des évangéliques, que sais-je encore…

Mais le baptême fait de nous des CHRETIENS.

Notre deuxième lecture nous le rappelait d’ailleurs très bien, sous la plume de l’apôtre Paul : « Par le baptême, nous avons été unis au Christ Jésus ». Pas au pape ou au catéchisme de l’Eglise catholique, non, unis au Christ Jésus.

Partant de là, nous portons le beau nom de CHRETIENS. Notre religion, ce n’est pas la religion catholique – ça aussi on l’entend régulièrement à droite à gauche : « ah moi, je suis de religion catholique ». Non, impossible. Ça n’existe pas, la religion catholique. Le nom de notre religion c’est le CHRISTIANISME. Parce que nous suivons le CHRIST. A l’intérieur de cette religion, nous sommes de CONFESSION catholique parce que nous confessons un credo – que nous redirons tout à l’heure – parce que nous pratiquons des sacrements, une liturgie, une éthique définis par une Eglise chrétienne parmi d’autres, l’Eglise catholique ROMAINE (oui, il faut encore préciser, parce qu’il y a d’autres catholiques, nous le savons bien).

Le CHRISTIANISME suit le CHRIST, c’est logique, jusque dans les termes !

Une excellente journaliste, Anne-Sylvie Sprenger, écrivait tout récemment dans un grand quotidien romand qui prend le temps d’être lu qu’ « un christianisme déconnecté du Christ, c’est la porte ouverte à toutes les folies. » Laissez-moi vous redire cette phrase : un christianisme déconnecté du Christ, c’est la porte ouverte à toutes les folies…

Oui. Un christianisme qui s’arcbouterait sur une ancienne liturgie sans vouloir jamais avancer serait totalement déconnecté de Celui qui est le Chemin, par définition : en marche. Le Christ est en marche – et je vous prie de n’y voir aucune allusion à un parti politique de notre voisin français. Le Christ est en marche, pensons plutôt, pour cette expression, à l’excellent poète chrétien Christian Bobin qui surnommait Jésus « l’homme qui marche ».

Jésus est toujours en mouvement. Et en son temps il fustigeait celles et ceux qui entretiennent le passé « parce qu’on a toujours fait comme ça. » Notre défunt pape François rappelait d’ailleurs jadis que le fait même de dire « on a toujours fait comme ça, donc on continue à faire comme ça » n’est pas une attitude chrétienne.

En réponse aux sacres que la fraternité Saint Pie X envisage, hélas, ces prochains jours, notre pape Léon XIV disait il y a deux semaines : « s’ils prennent cette décision, je le regrette mais nous, nous devons avancer. »

…Mais nous, nous devons avancer. Parce que nous suivons le Christ. Nous avançons.

C’est dans notre ADN de Chrétiens, d’avancer.

Par ailleurs, un christianisme qui verrouillerait ses frontières, qui se replierait sur une quelconque identité, perdrait précisément sa propre identité chrétienne, ne suivrait plus celui qui disait, dans l’Evangile d’aujourd’hui : «  Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. »

L’accueil inconditionnel de celle ou celui qui souffre fait partie intégrante de l’identité chrétienne. Ça devrait être l’attitude de toute personne qui se targue d’appartenir au Christianisme. Catholique comme protestant, orthodoxe comme évangélique ou anglican.

Et ce n’est pas d’aujourd’hui : même l’Ancien Testament mettait en valeur l’accueil, en témoigne notre première lecture avec l’accueil du prophète Elisée par la femme de Sunam.

Alors certes, il n’est pas simple de suivre le Christ, Chers Amis. Il nous le disait aussi dans la page d’Evangile que nous avons entendue aujourd’hui : il s’agit de prendre sa croix et de le suivre, il s’agit de l’aimer plus que tout, il s’agit de lui donner la première place dans notre vie. Ce n’est pas simple !

Mais si le fait d’être Chrétien a un coût, il a aussi de sacrés avantages. Dieu est fidèle, il ne nous abandonnera jamais même si, parfois, il nous semble ne plus entendre sa voix au cœur de nos souffrances, de nos épreuves… ce sont nos oreilles qui sont sourdes, nos yeux qui sont aveuglés, mais lui est toujours là. C’est cette fidélité dont parlait le psaume qui nous a été magnifiquement chanté : « Ton amour est établi pour toujours, Ta fidélité est plus ferme que les cieux. »

Même Jésus nous parlait de récompense, si nous savons simplement donner un verre d’eau à qui en a besoin… il me semble que c’est à la portée de chacune et de chacun de nous, cela : donner à boire à qui a soif, donner à manger à qui a faim, habiller celui qui est malade, visiter celui qui est en prison ou à l’hôpital… et c’est parfois la même chose… Le Christ en fait tout un programme de vie un peu plus loin dans le même Evangile de Matthieu, en nous rappelant que lorsque nous faisons tout cela à ces petits qui sont ses frères, c’est à lui que nous le faisons.

Bien sûr, tout un chacun a le droit de penser différemment, de vouloir revenir en arrière plutôt que d’avancer, de vouloir verrouiller ses portes plutôt que de les ouvrir, mais alors que ces personnes n’aient pas la malhonnêteté de se dire chrétiennes ! Eh oui ! Parce qu’être de religion chrétienne, être de la religion qui porte le nom du Christ, c’est a minima essayer de suivre son exemple, essayer de l’appliquer dans nos vies.

Alors, Chers Amis, la prochaine fois qu’on vous demande si vous êtes de religion catholique ou si vous avez été baptisé catholique, ayez plutôt à cœur de répondre : « Ma religion, vous savez, c’est le CHRISTianisme, parce que j’essaie de suivre le Christ de toutes mes forces, par toute ma vie… et mon baptême ? Eh bien j’ai été baptisé CHRETIEN parce que mon identité, c’est le Christ. Celui qui accueille inconditionnellement, celui qui est en chemin, celui qui est la vérité, celui qui est la vie, celui qui me propose de donner à boire à qui a soif, celui qui m’est fidèle comme jamais personne ne sera fidèle, celui enfin qui m’offre la vie éternelle.

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La Pelouse s/Bex, dim. 28 juin 2026, 9.00

Messe télédiffusée sur RTS 2

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  1. Girod

    Les mots au service de l’homélie que Vincent a déposés sont un présent essentiel pour moi. Mots rêvés depuis des dizaines d’années. Merci.

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