Trésors de la Bible

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Chers Amis,

Anaïs, qui sera baptisée dans quelques instants, apprendra ce qui se cache derrière les mots parfois compliqués de la Bible.

Mais j’espère qu’elle sera une chrétienne d’aujourd’hui. J’en suis persuadé, connaissant ses parents, sa marraine, son parrain ! C’est à dire une chrétienne libérée des peurs qu’on avait parfois, jadis. Une chrétienne qui ne réagit pas selon sa peur, mais selon sa foi.

Une chrétienne un peu comme Élie dans notre première lecture. Cette histoire magnifique, vous l’avez réentendue, qui nous dit que le Seigneur passe. Élie se réjouit que le Seigneur passe. Or, il passe dans nos journées régulièrement.

Et vous l’avez entendu, il y a d’abord un ouragan très fort, très violent, puis ensuite il y a un tremblement de terre, puis ensuite il y a un feu. Et le Seigneur n’est ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on en rencontre de ces personnes qui, à chaque fois qu’il y a une catastrophe sur la terre, disent : « Ça y est, c’est un signe du ciel ! » Ben non… Non.

Dieu n’est pas celui qui envoie le mal, jamais. Le mal, c’est quelqu’un d’autre. Et c’est d’ailleurs très grave de confondre l’auteur du mal. Si, quand il nous arrive une tuile sur le coin de la tête, on dit : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? » eh bien Chers Amis, ce n’est rien moins qu’une hérésie. Parce que ce n’est pas Dieu qui envoie le mal, c’est le diable.

Et le diable se réjouit qu’on attribue le mal qu’il envoie à Dieu. Alors là, quand il arrive à faire ça, c’est une victoire extraordinaire ! Quand il nous arrive du mal, une souffrance, une maladie, un deuil, une catastrophe, et qu’on dit : « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », c’est la plus grande victoire du diable. Arriver à nous faire attribuer à Dieu le mal…

Il n’y a pas plus grande erreur que cela ! Dieu envoie le bien. Il laisse advenir parfois le mal, c’est autre chose et c’est un mystère. Mais lui, il envoie le bien.

Il n’est pas dans l’ouragan, il n’est pas dans le tremblement de terre, il n’est pas dans le feu. Vous l’avez entendu, il est juste après dans ce que le texte appelait le « murmure d’une brise légère ».

Dans vos bibles, vous trouvez plusieurs traductions de cet élément. On peut traduire ces mots hébreux par « la voix du silence ». Ce n’est pas plus simple à comprendre : qu’est-ce que c’est, la voix du silence ? Eh bien, c’est la voix de Dieu.

Quand Dieu intervient dans nos journées, il n’intervient pas forcément avec fracas, mais souvent dans un tout petit signe, un silence, un sourire, un rayon de soleil, une petite fleur qu’on voit au bord du chemin, un enfant qui nous sourit… C’est ça la signature de Dieu. Jamais le tremblement de terre, l’incendie, l’ouragan, ça, ce n’est pas lui.

Alors Anaïs apprendra cela, bien sûr. Elle apprendra aussi que Jésus passe son temps, dans l’Evangile, à nous dire de ne pas avoir peur. Parce que la peur, c’est l’autre arme gigantesque du diable.

Quand il arrive à nous inspirer la peur, il est gagnant sur toute la ligne ! Parce que la peur nous paralyse, elle nous empêche d’agir et mieux, elle nous empêche de faire des miracles.

Alors vous allez me dire : « On n’est pas sûr qu’on soit capable de faire des miracles, nous ! »

Mais si ! Vous avez entendu l’Évangile ? Jésus marche sur l’eau. Et on se dit : « on est bien incapable de faire pareil ! » Essayez à la piscine, ici à côté, pas sûr que ça fonctionne ! Et pourtant, Pierre marche sur l’eau.

Et Pierre, c’est nous. Dans l’Évangile, Pierre, c’est nous : ce n’est pas le meilleur des disciples, c’est quand même celui qui a renié Jésus trois fois, il nous ressemble un peu dans son humanité, dans ses grandes envolées…

Et Pierre marche sur l’eau, vous l’avez entendu.

Ce qui est extraordinaire, c’est que ce miracle commence même par un doute – si vous avez bien écouté le texte.

Alors que tout le monde se dit « c’est un fantôme ! », Jésus leur dit : « Mais regardez, c’est moi ! » Et Pierre dit : « Si c’est vraiment toi… » Il doute. « Si c’est vraiment toi, alors ordonne moi de venir vers toi sur l’eau ! » Et Jésus lui dit : « Mais viens, Pierre, viens ! » Et Pierre marche sur l’eau. Nous sommes capables, vous et moi, de miracles.

Qu’est-ce qui empêche le miracle ? Anaïs l’apprendra, c’était dans le texte. Qu’est-ce qui fait que Pierre s’enfonce ?

Deux choses :

  • d’abord, il perd de vue Jésus, il ne regarde plus Jésus, il regarde les vagues, le vent. Si on reste les yeux fixés sur le Christ, rien de mal ne nous arrivera.
  • Deuxième élément qui fait que Pierre s’enfonce : il a peur. Si nous laissons la peur nous gagner, on paralyse le miracle, on empêche Dieu d’agir dans notre vie.

Anaïs apprendra donc qu’il ne faut pas avoir peur, et a fortiori pas peur de Dieu, évidemment, puisque ce n’est pas lui qui est dans l’ouragan, mais il est dans le silence.

Enfin, elle apprendra – et c’était la leçon de notre deuxième lecture – elle apprendra que si on est chrétienne, si on est chrétien, on ne fait plus de différences entre les gens.

« Il n’y a plus ni juif, ni grec », disait Paul. « Il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme. Tous, nous ne faisons qu’un. »

Dans la famille des chrétiennes et des chrétiens, Anaïs apprendra que nous sommes égaux, pleinement.

Alors vous allez me dire : « Ouais, c’est des belles paroles tout ça, mais enfin, il y a quand même encore des différences ! »

Alors je vous signale, parce que c’est quand même important de le redire de temps en temps, que l’Église catholique dans le canton de Vaud est l’une des seules entreprises qui paie exactement les femmes et les hommes au même salaire, au centime près. Eh oui, pour les chrétiennes et les chrétiens, il y a égalité et nous en sommes fiers.

Tu l’apprendras, Anaïs, comme tu apprendras tout ce qui se cache derrière ces lectures et derrière toutes les autres merveilles de la Bible que tu découvriras peu à peu.

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Aigle, dimanche 9 août 2026, 10.00,

avec baptême de la petite Anaïs pendant la messe.

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