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Homélie pour le 2e dimanche du Carême A
Genèse 12,1-4a / Psaume 32 / 2e Timothée 1,8b-10 / Matthieu 17,1-9
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
J’aimerais commencer par cette anecdote authentique racontée par mon ami Cédric.
C’est une petite fille qui est dans une église comme la nôtre avec sa maman. Elle regarde les vitraux. Et dans cette église, comme dans la nôtre, il y a un vitrail sur lequel sont représentés des personnages. Dans la nôtre, c’est Saint Maurice et Saint Nicolas-de-Flüe. Mais dans l’église en question, ces personnages ont de grandes ailes dans le dos. Ce sont donc des anges.
Et la petite fille montre le vitrail et dit : « Maman, c’est qui ? » Sa maman, qui a repéré les ailes, lui dit : « Ce sont des anges, ma chérie. » … « Ah. » Et elle regarde longtemps le vitrail que le soleil de ce jour-là illumine de mille feux. La lumière traverse le vitrail, toutes les couleurs sont somptueuses.
Et quelques jours après, à l’école, la maîtresse lit un texte dans lequel se trouve le mot ange.
Elle s’arrête, elle regarde la classe et elle dit : « Est-ce que quelqu’un sait ce que c’est qu’un ange ? » Et la petite fille lève la main et dit : « Moi, maîtresse, je sais ! Les anges, ce sont des gens qui sont traversés par la lumière ! »
Elle n’avait pas du tout vu les ailes. Elle avait simplement compris que ces personnages étaient traversés par la lumière du soleil et que ça devait être ça, des anges.
…Les anges sont des personnes qui sont traversées par la lumière…
Et je me pose la question du coup : nous qui venons de réentendre l’épisode de la Transfiguration – c’est exactement cela que ça veut dire : « Tra », à travers, et « figure » : la lumière passe à travers la figure de Jésus ce jour-là – est-ce qu’il nous arrive, à nous aussi, d’être traversés par la lumière, d’être comme des anges finalement, en tout cas aux yeux de cette petite fille ?
Et en y repensant, j’ai plusieurs exemples à vous proposer pour vous montrer que vous aussi, il vous arrive d’être transfigurés.
D’abord, on peut être transfiguré par l’amour.
Demandez aux amoureux de se regarder – il y en a plusieurs parmi vous – demandez aux amoureux de se regarder, leurs yeux vont se mettre à briller. C’est la lumière de l’amour. Et donc de Dieu, puisque Dieu est amour.
Par l’amour, nous pouvons donc être transfigurés, refléter la lumière de Dieu.
Prenez maintenant un nouveau-né. Eh bien, un nouveau-né, régulièrement, a les yeux qui brillent, notamment quand il entend la voix de sa maman. Vous avez remarqué ça ? C’est un des premiers sons qu’il apprend à connaître. Et quand il entend la voix de sa maman, ses yeux brillent et ça amène même ses premiers sourires, en général.
Bon, ça marche aussi avec les papas, Messieurs, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
Il entend la voix de celle qui veille sur lui ou de celui qui veille sur lui. C’est ce que nous disait le psaume : « Le Seigneur veille sur ceux qui le craignent. »
Alors vous allez me dire : « Oui, mais le petit bébé, il ne craint pas sa maman ! »
Si. Pas au sens d’ « avoir peur ». Il faut rappeler incessamment que « craindre » dans la Bible, c’est pas du tout « avoir peur ». C’est respecter comme un père ou une mère. Craindre Dieu, c’est voir Dieu comme mon père ou ma mère, ce n’est pas en avoir peur, pas du tout. C’est une marque de respect.
En français, craindre, c’est devenu très synonyme d’avoir peur, malheureusement, mais ce n’est pas l’idée.
Et puis, il m’arrive aussi de voir ce regard qui s’illumine dans les yeux des malades. Lorsque je viens leur donner l’onction des malades, que vous pourrez recevoir tout à l’heure si vous le souhaitez.
Ça m’arrive notamment à Lourdes où j’ai la chance d’aller chaque année au mois de mai. Et là, à la grand-messe de l’onction des malades, nous sommes une cinquantaine de prêtres minimum. Il y a des centaines de malades sur leur chaise et on passe vers eux.
Et on leur donne ce geste tout simple, une petite croix sur le front, une petite croix dans la paume des mains. L’onction, c’est un geste tout simple de la part de Dieu, mais c’est un geste gigantesque. C’est un sacrement. Et le sacrement, il active l’Esprit Saint en nous.
C’est incroyable pour nous, les prêtres, de voir les yeux s’illuminer chez ces malades, lorsqu’on leur donne l’onction.
Ça devrait d’ailleurs être pareil pour nous tous. À chaque fois qu’on vient chercher la communion, quand on vient communier, on devrait avoir le regard brillant de ce que nous recevons : Dieu en personne. Et ça arrive. Il y a des personnes qui viennent communier avec les yeux transfigurés. La foi peut nous transfigurer.
L’amour peut nous transfigurer, la foi peut nous transfigurer… l’espérance aussi !
Et notamment l’espérance de ceux qui ont tout quitté, comme Abraham dans la première lecture et qui espèrent, qui espèrent pouvoir revenir chez eux un jour – c’est d’actualité.
Qui espèrent pouvoir retrouver un ami, une amie qu’ils ont perdue, qui espèrent en la vie éternelle, tout simplement.
L’espérance est capable, elle aussi, d’allumer nos yeux, de nous transfigurer.
Cette espérance, c’est celle que l’on retrouve aussi dans le psaume : « Nous attendons notre vie du Seigneur », disait le psaume.
Alors, à chaque fois que nous avons nos yeux qui s’allument, qui s’illuminent par la foi, par l’amour, par l’espérance, cela vient de Dieu, et c’est aussi cela la « grâce visible » dont parlait Paul dans la deuxième lecture. La grâce peut être visible quand on a les yeux transfigurés.
Alors je repense à la petite fille dont je vous parlais il y a quelques minutes, celle qui disait que les anges, ce sont des personnes qui sont traversées par la lumière. Et je me dis alors que nous pouvons toutes tous être des anges à notre manière, pour nos frères et sœurs, si nous nous laissons traverser par la lumière de Dieu, par la foi, par l’espérance, par l’amour.
En ce carême, Chers Amis, ayons de la lumière dans les yeux, ayons des visages qui reflètent la grâce, osons laisser passer Dieu au travers de nous pour être nous aussi transfigurés.
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Champex, 28 février 2026, 17.00
Aigle, 1er mars 2026, 10.00 (version enregistrée)

Danielle
C’est toujours avec intérêt que je vous écoute ,attentivement.
Et aujourd’hui,! plus particulièrement avec attention et joie!
Revenons quelques décennies en arrière, et lorsque j’étais enfant,j’entendais souvent l’expression: « il faut avoir la crainte de Dieu »! Et moi je me disais: » comment faire,?? moi, je n’ai pas peur de Dieu! ».Après quelques années à me questionner, J’ai ENFIN compris que cela signifiait « respect »! Quelle joie, même si je ne m’étais jamais sentie en faute!! Et j’ose espérer qu’aujourd’hui, toutes les personnes qui ne le savaient pas ,sont informées: Dieu, Amour total et infini, reçoit notre respect, comme des enfants ,en pleine confiance !!
Alors, un très grand merci, aussi pour toutes les homélies passées, et tous vos écrits! Danielle.