Photo libre de droits : pixabay
Homélie pour le 2e dimanche de Pâques, C
Ac 5,12-16 / Psaume 117 / Ap 1,9-19 / Jean 20,19-31
Dimanche de la Divine Miséricorde
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
J’ai une petite devinette pour vous : savez-vous combien de personnes ont assisté – sur place dans le stade – à la dernière Coupe du monde de football ? C’était au Qatar en 2022… Combien de personnes à la finale de la dernière coupe du monde de football ?
…Vous avez une idée ? En gros ? …Ah, pas mal, on y est presque : 88’966 exactement. J’ai vérifié sur Internet. 88’966 spectateurs, c’est pas mal hein, c’est pas le record, mais c’est pas mal.
Savez-vous maintenant combien de personnes ont assisté à la plus grande messe célébrée par le pape François ? C’était le 18 janvier 2015 à Manille, aux Philippines. Vous avez une idée ?…
…Plus d’un million ? On est loin de compte, hein !
Six millions ! Six millions pour une messe, hein ! Pas pour un match !
Bon, je vous accorde qu’une messe dure moins longtemps qu’un match. Normalement ! Celle-ci a duré un peu plus.
Mais six millions ! Ça fait 67 fois le stade de la dernière Coupe du monde de football dans la finale ! Mettez 67 stades du Qatar l’un à côté de l’autre et vous avez la plus grande messe du pape François. C’est pas mal, hein ? Six millions.
Et ça n’est pas spécifique au pape François, Jean-Paul II avait fait pareil.
Ceci-dit, les papes font beaucoup mieux, que ce soit François ou Benoit XVI ou Jean-Paul II. Parce que, vous le savez sans doute, chaque mercredi sur la place Saint Pierre, il y a ce qu’on appelle l’audience pontificale. C’est une catéchèse, une simple catéchèse d’une dizaine de minutes de la part du pape et elle est répétée ensuite dans les sept langues officielles du Vatican.
Ce n’est pas un match. Il n’y a pas deux équipes, ce n’est pas une compétition nationale ou internationale, il y a aucun enjeu politique ou sportif là-dedans.
On vient simplement écouter quelques minutes un homme en blanc nous parler d’amour, de pardon et de paix.
Or les gens font parfois – ça m’est arrivé plusieurs fois – les gens font parfois plusieurs heures de queue depuis sept heures du matin pour entrer simplement sur la place Saint Pierre ce jour-là ! Et combien sont-ils en général ? En moyenne, 50’000 chaque mercredi.
50’000 ! Sans abonnement, sans carte de membre, sans place réservée, sans tribune d’honneur, sans siège VIP… et gratuitement. Mais ce qui est plus fort encore, c’est que ce ne sont jamais les 50’000 mêmes ! C’est 50’000 personnes différentes chaque semaine sur la place Saint Pierre !
Alors là vous pouvez vous aligner pour ce qui est des compétitions sportives, hein ! Voilà un lieu où la foule se rassemble, chaque semaine, tous les mercredis, sans exception… sauf cette semaine, sans faiblir.
Les gens ne viennent pas là pouvoir perdre ou gagner une équipe.
Il n’y a aucun affrontement entre supporters à la fin de la rencontre, il n’y a pas de tags, de bouteilles cassées, de bus ou de train salis. Rien. Les gens chantent. Ils sont en paix. Et la sécurité, j’aime mieux vous dire, est bien meilleure que dans la plupart de nos stades ! On peut faire confiance aux gardes suisses : eux, il ne faut pas aller les chatouiller sous le menton !
Pour comprendre l’importance des foules qui ont suivi le pape François et ses prédécesseurs, il faut comprendre l’importance des foules qui ont suivi Jésus, un homme de paix, de pardon et d’amour.
La première lecture, le livre des actes des apôtres, nous parlait de ces foules qui déjà, il y a 2000 ans, suivaient Jésus. Alors qu’ils n’étaient que douze autour de lui ! On est 2 milliards et demi, les Chrétiens. Bon. On comprend mieux que la foule ait continué à grandir, n’est-ce pas ?
Et l’Évangile nous rappelait combien ce genre d’événement, même si on en parle, est difficile à croire quand on ne l’a pas vu. On est parfois tous un peu des Saint-Thomas. On a besoin de voir pour croire.
D’ailleurs, je suis en train de vous dire que plusieurs mercredis, moi-même j’en ai fait l’expérience… vous n’êtes pas obligés de me croire ! Je vous dis ce que j’ai vu.
Mais alors là j’emprunterai les paroles de Sainte Bernadette de Lourdes : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis juste chargée de vous le dire… »
Parce qu’une fois qu’on a vu quelque chose de Dieu, une fois qu’on a entendu des paroles d’amour, de pardon, de paix, on est chargé de le dire. De par notre baptême, c’est notre devoir de baptisés de dire ce que l’on a vu et entendu, de transmettre à ceux qui n’ont pas encore vu ni entendu.
C’était d’ailleurs ce que nous disait notre deuxième lecture, le livre de l’Apocalypse : « Écris ce que tu as vu ! » disait la voix du Seigneur à Jean. Écris ce que tu as vu, transmets-le plus loin. C’est ce qu’il a fait. Il a écrit ce livre de l’Apocalypse – qui ne veut pas dire « fin du monde », hein, faut le redire à nos journalistes, ça aussi, parce que « Apocalypse » ça veut dire « révélation », simplement.
C’est simplement la révélation de ce qui nous attend au ciel, c’est ça le livre de l’Apocalypse.
Et il nous revient, je crois aussi, par rapport à nos journaux, de dire ce que l’on a vu de bien.
Alors vous me direz : « On n’est pas tous allés sur la place Saint Pierre ! » Mais vous avez tous vu le bien à l’œuvre autour de vous. Vous avez tous vu Dieu en actes, par la charité, par le pardon, par l’amour, par le bonheur. Il suffit de regarder deux personnes qui s’aiment : vous voyez une image de Dieu. Ça, nous l’avons tous vu.
Et c’est ce que nous avons à annoncer. La bonne nouvelle : non seulement Christ est ressuscité, bien sûr au temps de Pâques, mais aussi simplement l’amour, la miséricorde, le pardon, toutes ces valeurs qui nous viennent de Dieu.
Nos journaux, eux, préféreront toujours parler d’une finale de football ou d’un attentat, même si ces événements ont concerné 10 fois, 100 fois moins de personnes qu’une rencontre religieuse à Rome.
Alors bien sûr : cette semaine-ci fait exception. Depuis lundi, tous les journaux parlent de Rome ! Mais c’est à nous, Chers Amis, de leur rappeler que… c’est bien de le faire, mais il ne faut peut-être ne pas le faire qu’à chaque mort de pape, il faut le faire plus régulièrement.
___________________________________________
Champex, samedi 26 avril 2025, 17.00
Leysin-Village, dimanche 27 avril 2025, 10.15

Laisser un commentaire