Unité, mais pas uniformité

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Que tous soient UN…

Nous venons de réentendre, Chers Amis, le célèbre évangile des teinturiers… Si : que tous soient teints… je suis dur avec vous de faire des jeux de mots un dimanche matin à 10 h. 20. Que tous soient un… Non, au-delà de la blague, il y a certainement une vérité que nous allons voir ensemble.

D’ailleurs, il y a très-très souvent des vérités cachées derrière l’humour, et l’humour est très important, y compris en Eglise ! C’est Benoît XVI, pas le pape François, c’est Benoît XVI qui disait : « Là où manque l’humour, là où n’est pas la joie à la messe, là n’est certainement pas le Christ. »

Biiim ! comme disent les jeunes. « Là où manque l’humour, là où n’est pas la joie à la messe, là n’est certainement pas le Christ. » Benoît XVI dans un petit livre, « La messe est une fête. »

Car c’est une fête. D’où vient cette fausse idée qu’à la messe, on devrait afficher un sérieux sépulcral.

Il s’agit de joie. Ce que nous sommes venus célébrer ce matin, c’est une joie, y compris lorsque nous célébrons en mémoire, comme nous le faisons ce matin, d’une personne qui est au ciel. Nous savons cette personne dans la joie, dans la lumière.

Nous, les Chrétiens, nous célébrons toujours dans la joie. Et dans la joie, il y a de l’humour. Jésus était un homme joyeux. Il a dansé, il a chanté, il a ri, bien sûr. Pourquoi s’en priver alors ? Ainsi, derrière l’humour, il y a des vérités cachées, comme dans l’Évangile des Teinturiers.

Ce n’est évidemment pas une nouvelle couleur qu’il nous faut rechercher – que tous soient un. C’est bien l’unité. Nous avons à devenir UN.

Mais alors là, attention : parce qu’en recherchant l’unité, on tombe très souvent dans son faux ami qu’est l’uniformité. Et ce n’est pas du tout le message du Christ, l’uniformité, mais alors pas du tout.

Dans l’Evangile de ce jour, vous l’avez entendu à plusieurs reprises, c’est l’unité – que tous soient UN – c’est l’unité qu’il nous demande de rechercher entre nous.

Parce qu’au nom de l’autre, au nom de l’uniformité, Chers Amis, on a fait des horreurs.

L’uniforme, lorsqu’il servait à l’école à gommer les différences, était une bonne chose.

Mais l’uniforme, lorsqu’il entraîne les autres à la bataille et qu’il gomme jusqu’à la réflexion, qui anesthésie le cerveau humain jusqu’à lui faire croire qu’on peut tuer l’autre au nom de Dieu… ça c’est la plus énorme bêtise de l’uniformité ! D’autant que, sur cet uniforme, vous avez remarqué qu’on ajoute de petites médailles et des grades pour bien montrer qu’on est tous uniformes, mais enfin qu’il y en a quand même qui sont plus élevés que les autres, quoi !

Alors je ne suis pas contre l’armée, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit… Mais Dieu sait si au nom de l’uniforme, on a fait un nombre de bœuferies monumental. En croyant bien faire la plupart du temps.

Je vous rappelle que les nazis avaient sur la boucle de leurs ceinturons « Gott mit uns ! » (Dieu avec nous). Est-ce que Dieu choisit un camp à la guerre, non ? Dieu est toujours du côté de la paix.

C’est exactement ce que nous raconte notre première lecture, quand on parle du martyr d’Étienne. Il y a là un groupe. Et l’uniformité naît souvent du groupe. Il y a là un groupe excité par son chef, Shaoul – prononcé parfois « Saul » – et qui deviendra Paul ensuite, après sa conversion.

Mais au départ, Shaoul, c’est un sacré voyou ! Celui qui deviendra Paul plus tard, au départ, c’est le Daech de l’époque : il persécute les chrétiens, il les met à mort et il encourage les autres à le faire. C’est ça Paul, au départ, il ne faut pas l’oublier. C’est d’autant plus beau, alors, que le Christ l’ai choisi ensuite pour l’annoncer !

Shaoul excite la foule pour que tous lapident Etienne au nom de la loi. Et la foule va le faire. Au nom du groupe, de la foule, d’un ordre donné, on est capable de faire parfois les pires horreurs.

Et il nous faut faire attention parce que c’est aussi à l’aune de ce que nous aurons fait ici-bas que nous serons évalués en arrivant devant le Christ.

Et ça, c’est notre deuxième lecture qui nous le disait, le livre de l’Apocalypse : « Voici que je viens, disait le Christ. J’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun, selon ce qu’il aura fait. »

Au jour du jugement, pourrons-nous nous prévaloir d’unité ? Ou devrons-nous nous excuser d’avoir cédé à l’uniformité ?

Allons-nous dire à notre Sauveur pour nous justifier de toutes nos lapidations ? « Mais Seigneur, j’ai fait comme tout le monde, moi ! J’savais pas, moi ! » Ou alors le célèbre : « Mais Seigneur, je n’ai fait qu’obéir aux ordres ! »

Pour reparler des nazis, c’était leur ligne de défense au procès de Nuremberg, il faut le rappeler de temps en temps : « Je suis innocent, j’ai obéi aux ordres ! » Voilà le fruit de l’uniformité, Chers Amis.

Et en arrivant devant le Seigneur, je souhaite, moi le premier, et vous avec moi, que nous puissions lui dire : « Seigneur, j’ai essayé de rechercher l’unité, je n’ai peut-être pas toujours réussi, mais j’ai essayé de rechercher l’unité. L’unité dans mon cœur, d’abord, à travers un psaume qui le dit : ‘unifie mon cœur, Seigneur’. Et puis j’ai recherché l’unité dans le groupe auquel j’appartenais. Non seulement ici, à l’église, mais au bistrot aussi. J’ai essayé de rechercher l’unité dans ma famille – et Dieu sait si ce n’était pas simple. J’ai essayé de m’éloigner quand les discussions lapidaient quelqu’un, en le jugeant, en lui collant des étiquettes. J’ai essayé de ne pas répondre, de quitter la table. J’ai essayé de rechercher l’unité, Seigneur, et ce n’était pas facile ! »

L’unité et la miséricorde, comme Étienne dans la première lecture, qui, sous les pierres qui sont jetées contre lui, arrive encore à dire : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ! » Magnifique ! Quel exemple de miséricorde absolue ! C’est parce que son cœur était unifié qu’il pouvait avoir cette miséricorde. L’unité amène l’amour, la miséricorde, le pardon.

Alors cette semaine, Chers Amis, si nous devions essayer de tirer quelques pistes de ces très beaux textes que nous avons entendus, je nous invite, vous et moi, à rechercher l’unité entre nous et non pas l’uniformité.

Ce serait si triste si tous les membres du groupe chantant chantaient exactement la même chose. Ce serait l’uniformité, mais ce ne serait pas une symphonie. C’est parce qu’ils chantent à plusieurs voix qu’alors ils louent d’autant plus le Seigneur.

Et puis enfin, il n’y a qu’à nous regarder ! Regardez-vous ! Il n’y a pas une seule personne qui est habillée comme l’autre ce matin. Et je ne parle pas seulement des habits, je parle des traits du visage, je parle de nos couleurs de peau aussi. Ce serait absurde de rechercher l’uniformité. C’est parce que nous sommes tous différents que nous pouvons alors construire l’unité, et c’est là que c’est beau.

Recherchons donc cette unité. Essayons d’être UN dans le silence, dans nos cœurs, dans la prière, entre nous, ici, dans cette église. Mais surtout, et c’est là que ce sera plus difficile, tout à l’heure, une fois que nous serons envoyés dans le monde pour vivre notre semaine. En y cherchant là aussi l’unité.

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Montreux, samedi 31 mai 2025, 18.00

Bex, dimanche 1er juin 2025, 10.00 (version enregistrée)

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