Restaurant UNE étoile

Classé dans : Homélies, Méditer | 0
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Chers Amis,

Ces dernières semaines, j’ai eu la chance d’aller à deux reprises dans de bons restaurants. En réservant à l’avance une bonne table comme il se doit, en téléphonant, en laissant mes coordonnées, etc, etc.

Quelle ne fut pas ma surprise les deux fois, dans deux endroits très différents, de recevoir quelques jours avant mon arrivée un message sur mon téléphone me demandant de bien vouloir confirmer ma réservation… alors que j’avais déjà réservé en bonne et due forme. Comme si on voulait me dire : « Oui, vous avez réservé, mais on voudrait être bien sûr qu’on ne peut pas donner votre table à quelqu’un d’autre, on voudrait être bien sûr que vous n’allez pas nous poser un lapin ! »

Remarquez, en période de chasse, c’est intéressant de poser un lapin, mais dans l’assiette alors, seulement !

Au fond, c’est assez désagréable : vous avez réservé, confirmé, vous avez pris la peine de les appeler et on vous écrit sur votre téléphone pour vous demander de reconfirmer, comme si on ne croyait pas à votre parole.

Alors, on m’a expliqué, depuis, que malheureusement, par les temps qui courent, trop de gens réservent et ensuite ne viennent pas. Sans prévenir. Alors les restaurateurs préfèrent maintenant vérifier deux fois plutôt qu’une.

Mais c’est triste qu’on ne puisse plus se fier à la parole des gens.

Et ça m’a rappelé notre Evangile de ce matin. L’homme qui dit d’abord « oui » et finalement ne vient pas. Et on en connaît ! On en connaît, de ces personnes qui vous disent « oui, oui » par devant et qui, finalement, ne font pas ensuite ce qu’on leur avait demandé, ou alors qui font tout autre chose, ça arrive aussi.

Jésus est assez dur au sujet de ces personnes, vous l’avez entendu : « Les prostituées vous précèdent dans le Royaume des Cieux ! » leur dit-il. Pas facile à entendre !

Evidemment, ce n’est pas parce qu’elles sont prostituées, vous le sentez bien, ce n’est pas en tant que telles qu’elles précèdent qui que ce soit dans le Royaume des Cieux. C’est parce qu’à l’époque de Jésus, bien sûr, elles ont commencé par avoir une vie dissolue, par pécher, par dire « non » à Dieu dans leur cœur. Mais, dit Jésus, elles se sont repenties. Elles se sont converties, elles ont changé leur attitude, elles ont reconnu en Jésus leur Messie, leur Sauveur, elles ont changé leur regard, elles ont transformé leur « non » en « oui ».

Ce que n’ont pas fait les docteurs de la loi auxquels parle Jésus. Ils n’ont toujours pas reconnu en lui le Messie, ils n’ont pas changé leur cœur.

Ce que nous dit Jésus, en somme, c’est qu’il est toujours possible de changer notre cœur. Il est toujours possible de revenir vers lui. Il est toujours possible de lui dire « oui », même si on lui avait dit « non » d’abord. Et même si on lui avait dit non dix fois, vingt fois, il est toujours possible de lui dire oui, finalement.

Vous voyez, c’est l’inverse des restaurants auxquels on a d’abord dit « oui » et où on ne vient pas. Avec Jésus, c’est le contraire : même si on lui a dit « non », on peut toujours dire « oui ».

C’est exactement aussi ce que disait notre première lecture, le prophète Ézéchiel : « Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, alors il vivra, il sauvera sa vie ! », disait le texte.

On aurait envie de le crier à tous les méchants du monde, ça ! Donald, Vladimir, Volodymyr, Benyamin et tous les autres – quel que soit le camp, il n’y a pas de camp du bien dans la guerre. On aurait envie de leur dire : « Mais arrêtez, vous pouvez encore dire ‘oui’ à la paix, même après des années où vous lui avez dit ‘non’ ! Vous pouvez encore changer les choses ! »

Dieu veut les sauver, eux aussi. Dieu veut sauver tous les hommes, il veut tous nous sauver, tous ! Mais ce n’est pas automatique. Ça dépend de notre conversion, ça dépend de notre faculté à retourner notre cœur.

Et Jésus essaie de le faire comprendre aux docteurs de la loi qu’il a devant lui ce jour-là. Mais ce n’est pas facile, ils sont aveuglés par leur suffisance. Ils n’écoutent même plus les demandes des autres, persuadés d’avoir raison.  

Et ils n’ont pas, contrairement à nous, une deuxième lecture qui leur expliquerait tout.

Parce qu’effectivement, dans notre deuxième lecture, il y avait cette magnifique phrase : « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé par ses propres intérêts, mais pense aussi à ceux des autres ! »

Bien sûr qu’en venant à la messe ce matin, c’est d’abord à vous que vous avez pensé, et c’est bien normal. Mais en prenant place ici, dans ce restaurant un peu particulier, vous pensez aussi à la communauté. En priant, vous servez la communauté tout entière. En chantant, vous soutenez la communauté tout entière. Donc vous appliquez ce que nous disait Paul : « Ne pensez pas seulement à vous, mais à tous les autres ! » Alors que dans un restaurant, c’est rare qu’on mange en pensant à tous les autres invités du restaurant !

Il faut reconnaître que c’est aussi parfois prudent de commencer par dire « non ». Si on n’est pas certain d’arriver à faire ce qu’on nous demande de faire, il vaut mieux commencer par dire « non »… et puis ensuite, on dit « oui ».

Alors évidemment, Jésus préfère encore qu’on dise « oui » dès le début et « oui » ensuite, alors ça, c’est le top niveau, évidemment, mais on en n’est pas tous capables ! Soyons honnêtes, il nous arrive parfois de dire « oui » et ensuite « non ».

C’est cette attitude de conversion du cœur que Jésus cherche à provoquer en nous.

Ce n’est pas seulement une technique assez utile à ski quand la pente est trop raide, la conversion ! C’est là-dedans que ça se passe d’abord : retourner notre cœur vers Jésus.

Et il est toujours temps pour faire cela avec lui, même au dernier moment, même à la dernière seconde de notre vie, même si on lui a dit « non » toute notre vie, on peut encore lui dire « oui ».

Alors, Chers Amis, retournons-nous vers Dieu. C’est ce que vous avez fait ce matin. Disons-lui « oui » dans notre cœur, même si on lui a peut-être dit « non » quelquefois cette semaine… Et pour toutes les fois où nous lui avons dit « non », retournons notre cœur et disons-lui : « Oui, Jésus, je veux essayer de te suivre. Je ne suis pas sûr d’y arriver, mais je veux essayer de te suivre. Je veux essayer de venir à la table à laquelle tu m’invites ! »

Parce que, Chers Amis, cette table-ci… elle n’a qu’une étoile, celle qui est au-dessus de la crèche. Mais non seulement on y mange gratuitement, mais il n’est pas nécessaire de réserver !

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Champex-Lac, samedi 26 septembre 2026, 18.00

Aigle, dimanche 27 septembre 2026, 10.00 (version enregistrée)

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