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Homélie pour la Solennité de Tous les Saints
Apocalypse 7,2 – 14 / Psaume 23 / 1 Jean 3,1 – 3 / Matthieu 5, 1-12a
> Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’ECOUTANT :
Chers Amis,
Un élève du Collège Saint-Maurice écrivait, dans une lettre à sa petite sœur : « Hâtons-nous, ma sœur, à notre âge, beaucoup étaient déjà des Saints. »
La lettre date de 100 ans en arrière et elle est signée d’un futur Saint : elle est signée du bienheureux Maurice Tornay, qui fut chanoine du Saint Bernard dans notre diocèse, mais qui avant, comme ado, était élève au collège de l’Abbaye. Et il a écrit à sa sœur, parmi beaucoup d’autres lettres, cette phrase que nous avons : « Hâtons-nous, ma sœur, à notre âge, beaucoup étaient déjà des Saints. »
Posons-nous donc la question, Chers Amis, quel que soit notre âge : sommes-nous des Saintes et des Saints ?…
…Je vois à certains hochements de tête que vous n’en n’êtes pas persuadés ! Rassurez-vous, moi non plus !
Et pourtant, c’est notre vocation commune. Nous y sommes tous appelés, nous sommes tous appelés à devenir des Saintes et des Saints !
Le défunt pape François a écrit un texte magnifique à ce sujet, « Gaudete exultate » qu’il faut lire de toute urgence pour mieux comprendre la fête d’aujourd’hui. Il l’écrit : « Dieu veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous contentions d’une existence médiocre. » Et il écrit un peu plus loin : « Nous sommes tous appelés à être des Saints. »
Tous.
Alors, me direz-vous, que faut-il faire pour cela ? Eh bien, notre défunt pape François le dit un peu plus loin dans le texte : on est saint « en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes. » C’est à la portée de tous, me semble-t-il.
Rien à voir, vous le sentez avec la perfection ! C’est la première chose qu’il nous faut déconstruire dans nos esprits. Les Saintes et les Saints ne sont absolument pas des gens parfaits. Mais alors absolument pas, aucun d’entre eux ! La perfection n’appartient qu’à Dieu.
Prenez le plus grand de tous les Saints, Saint Pierre. Personne n’irait contester sa sainteté ! Eh bien, c’était loin d’être un homme parfait, Saint Pierre, il a quand même fait une ou deux petites boulettes, je vous signale ! Oh deux fois rien : il a renié le Christ. Trois fois ! Mais Pierre est saint !
Prenez Saint Paul, l’autre colonne de l’Église avec Saint Pierre. Personne ne retirerait à Saint Paul sa sainteté. Pourtant, Paul, je vous le rappelle au passage, avant sa conversion, c’était le « Daesh » de l’époque. Il persécutait les Chrétiens, il les faisait lapider, il les tuait… eh bien, il est saint. Eh oui !
Cela vient donc nous dire que les Saintes et les Saints ne sont absolument pas des modèles de perfection. Ce n’est pas ça la sainteté. Mère Teresa, le curé d’Ars, Saint François d’Assise, Saint Nicolas de Flüe, Saint Maurice et ses compagnons, sainte Claire, Saint Dominique, Saint Thomas d’Aquin, la petite Thérèse, tous avaient des défauts, absolument tous !
Et tous sont Saints.
Cela me rassure personnellement ! Moi qui ai pas mal de défauts, je me dis que je ne suis pas complètement perdu ! J’ai une chance de devenir Saint comme Chacune, Chacun de nous.
Et la plupart des Saintes et des Saints, Chers Amis, sont anonymes. Bien sûr, l’Église en a désigné quelques-uns, une manière que l’Église a de nous dire : « Cette personne, regarde ce qu’elle a fait de sa vie. C’est un exemple ! » Mais l’immense majorité des Saints, l’immense communion des Saints est anonyme. Lorsque nous prions tous les Saints, nous prions bien sûr ceux que nous chanterons dans la « Litanie des Saints » tout à l’heure, mais nous prions aussi tous les autres, nous qui sommes en chemin de sainteté.
La deuxième lecture nous le disait d’ailleurs : « Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu. » …ça nous le savons, puisque nous osons l’appeler « Notre Père », c’est bien que nous sommes ses enfants… mais le texte continuait en disant : « Mais ce que nous serons plus tard n’est pas encore manifesté. »
C’est de la sainteté dont parle ce texte, « ce que nous serons plus tard », nous serons plus tard des Saintes et des Saints, nous l’espérons, et peut-être y en a-t-il qui le sont déjà, sans le savoir !
Y compris si l’on dit du mal de nous… ça serait même plutôt bon signe, d’ailleurs, à en croire l’Évangile. Vous l’avez entendu : « Heureux êtes-vous si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi ! »
Heureux, bienheureux, c’est l’état de béatitude, c’est l’état de sainteté.
Il y a une autre très bonne nouvelle dans les textes d’aujourd’hui, il fallait la trouver dans la première lecture, le livre de l’Apocalypse qui – vous le savez, pour plusieurs d’entre vous, vous êtes venus aux soirées bibliques que nous avons organisées à ce sujet – « Apocalypse » ne signifie pas du tout « fin du monde », ça veut dire « révélation, dévoilement, décodage », c’est un livre codé… et il s’agit de le décoder. Eh bien, la bonne nouvelle que nous avons entendue dans notre première lecture, c’est que le nombre des sauvés est de 144’000.
Or, c’est un nombre codé, on le sait aujourd’hui, cela signifie l’ensemble du peuple de Dieu multiplié par tous ses descendants et le tout multiplié à l’infini, c’est à dire nous tous. Le nombre de celles et ceux que Dieu veut sauver, il est infini.
Alors j’insiste : le nombre de ceux que Dieu VEUT sauver. On n’est pas en train de chanter du Michel Polnareff, « on ira tous au paradis »… Dieu VEUT tous nous sauver, mais ça dépend de nous. Lui, il nous tend la main, mais c’est à nous de tendre la nôtre.
C’est ce que vous êtes venus faire ce matin d’ailleurs, c’est une manière de tendre la main que de répondre au rendez-vous qu’il nous propose chaque semaine.
Il n’y a pas besoin de grand-chose pour être sauvé. Il faut espérer, disait notre deuxième lecture : « Quiconque espère en lui se rend pur comme lui-même est pur. » Voyez, ce n’est pas compliqué.
Alors, aidons-nous les uns les autres sur notre chemin de sainteté, puisque c’est notre chemin commun, puisque nous y avons tous notre place, puisque nous y sommes tous appelés, puisque Dieu veut tous nous sauver.
Et pensons-y tout spécialement à cette fête de tous les Saints, parce que – pour le coup – c’est notre fête à vous et moi aussi. Pensons-y et dépêchons-nous, comme le disait le bienheureux Maurice Tornay, dépêchons-nous parce que, à notre âge, beaucoup étaient déjà des Saints !
…et lui-même l’était déjà aussi, sûrement sans le savoir…
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Clarens, samedi 31 octobre 2026, 18.00
Bex, dimanche 1er novembre 2026, 10.00 (version enregistrée)
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