Chasser la « plaintite » aigüe

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Photo libre de droits : pixabay

Chers Amis,

Nous le savons bien, nous ne pouvons pas changer la réalité des choses. Nous aimerions bien, parfois, mais nous ne pouvons pas, c’est ainsi.

Mais on peut changer notre regard sur la réalité, ça c’est de notre responsabilité.

C’est la fameuse histoire du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. Ce même verre qui est à moitié rempli, les personnes de nature plutôt optimiste le verront à moitié plein et les personnes de nature plutôt pessimiste le verront à moitié vide. Pourtant, c’est le même verre, c’est la même réalité. Mais on change notre regard sur cette réalité.

Nous avons tous des choses plus ou moins pénibles dans nos vies, notamment dans nos vies professionnelles mais même aussi dans les travaux que nous effectuons bénévolement. Rien n’est toujours facile.

Et même moi qui fais le plus beau métier du monde, c’est pas tous les jours facile !

Alors ce n’est pas moi qui le dis, « le plus beau métier du monde », c’est une étude très sérieuse venue d’Amérique qui a analysé une centaine de professions en demandant aux gens qui les pratiquent s’ils sont heureux. Et parmi les 10 professions qui rendent ceux qui les pratiquent les plus heureux, en tête figurez-vous, arrive « prêtre ».

Et je confirme ! C’est tout à fait vrai, en ce qui me concerne ! J’ai fait plusieurs professions avant d’être prêtre, eh bien je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui.

Mais bien sûr, même moi, j’ai parfois des journées un peu plus difficiles que d’autres.

Seulement il y a deux attitudes radicalement différentes : s’en plaindre ou pas.

Parfois je tombe dans la première attitude, comme Job dans notre première lecture, qui se plaint de ses journées parce que c’est pas facile, c’est dur ! Et ça m’arrive de me plaindre ! Notamment quand je prends ma voiture parce que je suis un peu fatigué par les milliers de kilomètres que je fais chaque mois pour rejoindre les uns et les autres.

Et donc parfois, au contraire, je m’en réjouis. Je me dis que j’ai beaucoup de chance parce que ces kilomètres, je les fais dans la montagne ou au bord du lac, alors que je pourrais avoir la malchance de les vivre en ville avec un feu rouge tous les vingt mètres et des gens qui klaxonnent derrière ! J’ai donc beaucoup de chance !

Verre à moitié plein ou verre à moitié vide…

C’est aussi un peu l’histoire des deux prisonniers – vous connaissez peut-être cette histoire… Ils cassent des pierres, tous les deux. Les mêmes pierres. Et le premier, quand on lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je casse des pierres, et c’est pas facile. Et j’en ai marre. ».

Et quand on demande au second, il dit : « Moi je suis heureux ! Parce qu’avec les pierres que je casse, je participe à la construction de quelque chose. Je ne sais pas de quoi, mais avec ce que je casse on construira quelque chose. »

Vous voyez, ils ont chacun le même travail mais ils ont un regard différent sur ce qu’ils font.

Et puis il y a un troisième regard… c’est le regard chrétien qui va encore un peu plus loin que le regarde du verre à moitié plein. Le regard chrétien va dire : « Non seulement le verre est à moitié plein, mais je vais pouvoir l’offrir à quelqu’un qui a soif. » Ah-ah, ça change tout ! Il n’est pas à moitié plein pour moi, j’ai la chance de pouvoir le donner à quelqu’un.

Le troisième prisonnier qui casse des pierres, les mêmes que les autres, quand on lui demande ce qu’il fait, lui avec le regard chrétien, il dit : « Moi je suis très heureux. Parce que je construis une cathédrale où les gens vont venir prier… »

Chaque geste que nous faisons, Chers Amis, dans nos vies, même le plus simple – faire la vaisselle… moi qui suis célibataire, je ne peux pas la refiler à quelqu’un ! – eh bien j’ai le choix. J’ai le choix de la faire avec bonheur ou de la faire en râlant.

C’est Paul qui nous invitait à porter ce regard différent sur nos actions, dans la deuxième lecture. Annoncer l’Evangile, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus, disait Paul, « c’est une nécessité pour moi », je ne peux pas faire autrement.

Alors vous allez me dire : « Oui, mais c’est normal, c’est Paul, en même temps… »

Oui mais non ! C’est une nécessité pour chacune, chacun de nous, c’est notre rôle de baptisés d’annoncer l’Evangile.

Alors d’accord, on n’est pas tous des théologiens, on n’a pas tous les mots pour le faire… Mais c’est pas grave ! On peut annoncer l’Evangile par notre attitude !

Par notre sourire !

Si vous sortez de là tout à l’heure en tirant une tronche de trois mètres de haut, les gens qui vous croiseront dans la rue vont dire : « Ça a pas l’air très sympa, la messe ! » Si vous sortez en étant joyeux, ils vont se dire : « Tiens… être Chrétien, ça a l’air pas mal, quand même ! »

Vous voyez… on peut annoncer l’Evangile sans rien dire ! Simplement avec notre attitude. Pas besoin d’être théologien pour ça !

Si nous accomplissons avec joie ce que nous faisons, voilà une magnifique manière d’annoncer Jésus.

Et évidemment, c’est la page d’Evangile de ce soir qui nous le disait encore un petit plus.

Vous l’avez entendu, dans cet Evangile, Jésus dit qu’il est venu pour proclamer la Bonne Nouvelle. Mais en plus il guérit les malades et il chasse les démons.

Et là on se dit : « Ah oui, mais c’est Jésus ! Nous, on n’est peut-être pas capable de faire ça ! On n’est pas tous médecins. Et puis pour chasser les démons il faut être exorciste. On n’est pas tous exorciste ! »

Et pourtant, il y a une maladie que nous pouvons TOUS guérir… Il y a un démon, un mauvais esprit qu’on peut TOUS chasser, qu’on ait une formation pour ça ou non. Cette maladie, vous la connaissez bien : c’est la plaintite aigüe.

Vous savez ce que c’est, la plaintite ? C’est de se plaindre tout le temps.

Vous en connaissez, des gens comme ça ! Il fait beau dehors, ils vont dire « Oh, y’en a assez de ce soleil ! »… et puis s’il pleut, ils disent : « Oh, y en a marre, de c’te pluie ! »… et puis s’il neige, ils disent : « Oh, vivement qu’elle arrête, cette neige ! » On en connaît tous, des gens comme ça, et puis ça nous arrive aussi parfois, il faut bien le reconnaître…

La plaintite aigüe…

Mais cette maladie-là, il existe un puissant médicament pour la guérir !

Alors, il n’est pas remboursé par les assurances-maladie… mais ça ne fait rien, puisqu’il est gratuit. Ça s’appelle le sourire. Le sourire, ça guérit la plaintite aussi sûrement que le meilleur des médicaments. Et en plus, on en a tous une dose en permanence sur nous, suffit de l’activer… c’est pas très compliqué.

Il y a même un vaccin, contre la plaintite, encore plus efficace que le sourire. Ça s’appelle la joie. Et en général, on a en une petite dose en nous, suffit de l’activer, là aussi.

Alors je nous invite, moi le premier, à chasser cette maladie, la plaintite, à exorciser ce mauvais esprit du négativisme, ce démon du pessimisme, ce regard qui voit toujours le verre à moitié vide. Je nous invite à le chasser vigoureusement, à changer notre regard sur la réalité des choses.

Un homme écrivain disait, jadis : « Il y a les gens qui voient les choses comme elles sont… et qui se demandent pourquoi… et puis il y a ceux qui les rêvent comme elles n’ont jamais été et qui se demandent… pourquoi pas ? »

Je nous invite à appartenir à la deuxième catégorie !

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Clarens, samedi 3 février 2024, 18.00

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