Homélie pour le Mariage de
Chloé et Florent
Philippiens 4,4-9 / Psaume 144 / Mathieu 5, 13-16
Version audio :
Version écrite :
Chère Chloé, Cher Florent,
…ou chère Clochette, et cher FloFlo, pour reprendre vos petits noms de jadis…
Dans le texte que nous a lu Wilson, l’apôtre Paul vous disait, parce qu’il s’adresse à vous aujourd’hui : « Soyez dans la joie ! » Et il insistait : « Je le redis, soyez dans la joie ! »
Je crois que c’est le cas.
Pour que Chloé et Florent soient joyeux, ils m’avaient fait la liste : « Le plus important, le jour de mon mariage, c’est que tout le monde soit là »… tout le monde est là ? Bah vous voyez ! « Le plus important, c’est qu’il fasse beau »… ça va pas mal. « Le plus important, c’est que la célébration soit top »… alors ça vous le direz après, évidemment ! « Le plus important, c’est que les photos soient belles ! »… on fait confiance à Julia et à Christopher. « Le plus important, c’est que Dieu soit là ! »… eh bien je vous le confirme, il est là. Vous êtes trois.
Oh, je vous rassure, Chloé ne vous a rien caché. Mais vous êtes trois : il y a vous deux et il y a Dieu. Et ça, c’est une grande joie.
Paul aurait pu dire : « Soyez enthousiastes ! » parce que la racine de ce mot « enthousiaste », « en » – « théo » en grec, ça veut dire « en Dieu ». Être enthousiaste, ça veut dire être en Dieu. Donc la joie a quelque chose à voir, évidemment, avec Dieu.
C’est un jour où vous venez confier votre « oui » à Dieu. Mais c’est aussi un jour où vous venez lui demander d’être avec vous dans ce « oui », d’être avec vous, de continuer – parce qu’il l’est depuis le départ – de continuer d’être avec vous.
Alors priez, c’est ce que vous êtes venus faire. « Faites connaître à Dieu vos demandes. » C’est aussi ce que disait notre première lecture.
Et c’est aussi ce que disait le psaume que nous avons entendu ensuite : « Les yeux sur toi, Seigneur, ils espèrent »… C’est exactement votre cas aujourd’hui : les yeux levés vers le ciel, vous espérez aussi que Dieu continuera de vous aider.
Alors évidemment, c’est le Dieu 2.0 !
Parce que le Dieu-grand-méchant avec une grande barbe blanche, celui qu’on représentait encore à l’époque où on a construit cette église comme ça, vous voyez, il a une grande barbe blanche… ce Dieu qui nous attendait au contour à chaque fois qu’on faisait une bêtise, on sait bien aujourd’hui que ce n’est pas tout à fait ça, Dieu, que c’est pas du tout ça, même, Dieu.
Quelque part dans la Bible, il est marqué « Dieu est amour », trois mots, c’est quand même pas compliqué à retenir ! Dieu est amour. Il n’est pas là pour nous juger durement, il n’est pas là pour nous attendre au contour.
C’est terrible, cette vieille idée qu’on avait de Dieu ! Jusqu’à en faire des films, d’ailleurs : « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » Alors je sais que vous préférez plutôt les Marvel, Coco, les films d’animation. Mais c’est un bon film, « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? » …sauf que jusque dans le titre, on se plante.
On n’a rien fait de mal au bon Dieu, il ne nous veut aucun mal, au contraire !
Il est avec vous depuis le début, dans votre histoire assez singulière quand même. Il est avec vous depuis le début. Il était avec vous dans les moments plus délicats où il fallait se re-séparer pour la semaine. Il est avec vous depuis le premier instant jusqu’à aujourd’hui. Et il continuera d’être avec vous pour que vous reflétiez son amour.
Parce que c’est ça, le sens de l’Évangile que vous avez choisi. Si Jésus vous dit : « Vous êtes la lumière du monde », c’est parce que vous avez à refléter cette lumière.
Et quand on les regarde aujourd’hui, effectivement, ils sont la lumière du monde.
Mais il faudra l’être tous les jours. Les jours où on est bien habillé, bien maquillée… et les jours où c’est plus difficile de sortir du lit parce qu’on a 39 de fièvre. Ces jours-là aussi, il faut être la lumière du monde… et c’est moins évident.
Et puis vous êtes lumière l’un pour l’autre, vous éclairez vos propres chemins, vous vous soutenez. On l’a partagé de nombreuses fois en préparant ce jour.
L’Évangile disait aussi : « Vous êtes le sel de la terre. » Et c’est important, le sel, pour donner du goût aux bons petits plats. Le foie gras sans sel n’aurait aucun sens, n’est-ce pas ? Un bon burger sans sel n’aurait aucun sens ! Même des crêpes, d’ailleurs, sans sel n’auraient aucun sens. Il n’y a que le tartare où l’on peut se permettre de… hein ? Si on peut le laisser de côté, c’est mieux pour eux. Comme ça, vous savez ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, au cas où vous l’ignoreriez.
Mais le sel, ici, dans nos montagnes où vous avez choisi de nous emmener pour ce jour, le sel, on le met sur la route, pas seulement dans l’assiette. On le met sur la route pour éviter de glisser, de déraper. Et ça aussi, c’est important dans une vie à deux.
Quand on conduit ensemble la voiture de notre vie, quand on parcourt ensemble la route que l’on s’est fixée, il est important de mettre du sel sur la route pour éviter de glisser, de déraper.
Soyez donc aussi ce sel-là, non seulement celui qui donne du goût à l’autre, mais celui qui est attachant pour l’autre, celui qui permet à l’autre de rester sur le bon chemin.
Paul le disait aussi dans votre première lecture : « Tout ce qui est vrai et noble, prenez-le en compte. »
Ce qui est vrai et noble pour vous, c’est la fidélité, c’est le soutien l’un envers l’autre, c’est la confiance que vous vous portez, c’est la complicité dont vous vous témoignez, c’est la communication depuis le début entre vous, c’est une certaine transmission, aussi, des valeurs que vous portez, c’est cet engagement que vous vivez aujourd’hui.
C’est tout cela qui construit votre couple. C’est tout cela qu’il vous faut mettre en pratique, comme le disait la première lecture, parce que c’est sur ces valeurs-là que vous construisez l’avenir de votre foyer.
C’est parce que vous vous appuierez sur ces valeurs qui sont vos piliers qu’alors la dernière phrase de votre première lecture sera vraie.
Je vous la redis, et je termine ainsi : c’est parce que vous appuyez là-dessus que « la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs. »
C’est tout ce que l’on vous souhaite, chère Chloé, cher Florent.
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Evolène / VS, samedi 26 septembre 2026, 14.45


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