NE PAS TOUCHER !!!

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Chers Amis

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais pendant de nombreuses années de ma vie, j’ai dit : « Oh, vous savez, moi je suis comme Saint Thomas. J’ai besoin de preuves tangibles pour croire ! »

« Tangible », ça vient du verbe latin « tangere » : toucher.

Et dire qu’on est comme Saint Thomas, si on a besoin de toucher pour croire, c’est une immense bêtise que j’ai faite pendant des années. C’est bien plus tard, quand je me suis mis à travailler un petit peu la Bible, qu’on me l’a expliquée, que j’ai mieux compris.

Thomas a-t-il dû toucher Jésus pour croire ? La réponse est NON, Chers Amis.

Et pourtant, on a tous l’image en tête. Tous ! Notamment à cause des tableaux ! Pensez au fameux tableau du Caravage où on voit carrément le doigt de Thomas qui s’enfonce dans la chair de Jésus.

Mais attention aux tableaux, Chers Amis, ils ne disent pas toujours la vérité. Rien, dans le texte que vous venez de réentendre, rien ne vous dit que Thomas a dû toucher pour croire. Au contraire, tout prouve qu’il n’a pas eu besoin de cela. Et on va le voir en détails.

Commençons par le début : la première fois que Jésus vient, vous l’avez entendu, les portes sont verrouillées. Et pourquoi sont-elles verrouillées ? Le texte nous le dit : par peur. Or, cette première fois, Thomas n’est pas là. Première déduction : Thomas n’est pas avec ceux qui ont peur.

Vous me direz, oui, c’est un peu facile. Il est peut-être dans un autre endroit où les portes sont également verrouillées. Peut-être. Mais alors je vous signale quand même que la deuxième fois, lorsque Jésus vient la semaine suivante, les portes sont toujours verrouillées. Seulement cette fois-ci, le texte ne dit plus que c’est par peur.

Vous me direz : « Oui, mais il n’y avait pas besoin de le répéter une deuxième fois ! »

Ah-ah ? Alors pourquoi le texte répète-t-il une deuxième fois tout le reste ? « La paix soit avec vous », et cetera, et cetera… Pourquoi répéter tous les détails SAUF celui-là ?

Les détails dans la Bible ne sont jamais innocents, Chers Amis ! La première fois, les disciples ont peur et Thomas n’est pas avec eux. Et la deuxième fois, il n’y a plus de peur et Thomas est là.

Vous êtes comme Saint Thomas ? Réjouissez-vous, vous êtes de ceux qui n’ont pas peur. C’est déjà un premier élément intéressant, mais c’est un peu facile.

Allons plus loin. Thomas, entre les deux apparitions de Jésus, entend les disciples lui dire : « Nous avons vu le Seigneur ! » Et il leur dit : « Faut voir ! »

Faut voir… Précisément ! « J’ai besoin de voir, j’ai besoin de voir la marque des clous et même j’ai besoin de toucher, j’ai besoin de mettre mon doigt à l’endroit des clous et même ma main dans son côté. Sinon, dit-il, non, je ne croirai pas. »

Est-ce un péché si redoutable qu’on a bien voulu le dire ? Non, c’est un doute légitime qui fait partie de la foi. Et qui plus est, cela montre quelqu’un qui ne se laisse pas facilement influencer par les autres.

Vous êtes comme Saint Thomas ? Eh bien, ça veut dire que vous ne vous ralliez pas facilement à l’opinion du groupe. C’est plutôt pas mal !

Allons encore un peu plus loin, lorsque Jésus apparaît à Thomas, cette fois-ci. Il le taquine. Il lui dit : « Alors… ? Vas-y maintenant ! Avance ton doigt, avance ta main ! Mets-la dans mon côté ! » Et il lui dit cette magnifique phrase : « Cesse d’être incrédule, sois croyant. »

Et que dit la suite du texte ? Est-ce que Thomas touche ? Non ! La suite du texte nous dit : « Thomas s’écrie : ‘Mon Seigneur et mon Dieu’ »

…et nulle part il n’est indiqué qu’il a avancé le doigt ou la main.

Alors vous me direz, tout n’est pas toujours tout dit dans la Bible !

D’ailleurs, la fin de notre Evangile le disait : « Il y a encore beaucoup d’autres choses qui ne sont pas écrites dans ce livre. » Alors peut-être qu’il a touché et que ce n’est pas écrit…

Ah, mais dans ce cas, que faites-vous de la phrase suivante ?…

Quelle était la phrase suivante ? « Jésus dit à Thomas : ‘Parce que tu m’as VU, tu crois !’ » Il ne lui dit pas « parce que tu m’as touché, tu crois »… « Parce que tu m’as VU »… C’est donc bien la preuve, cette fois-ci, que Thomas n’a pas eu besoin de faire ce qu’il voulait faire.

Thomas avait besoin de toucher, il est humain comme nous. Il a commencé par douter. Il l’avait dit aux disciples : « J’ai besoin de mettre mon doigt dans la marque des clous ! » …et puis devant Jésus. Il n’a plus eu besoin de faire quoi que ce soit d’autre que de s’écrier : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Alors évidemment, il faut encore faire le pas suivant. À la phrase suivante, Jésus parle de vous ! Et de moi.

Il dit à Thomas : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Mais c’est de vous dont il parle ! Et de moi. Vous croyez sans avoir vu !

A une petite exception près : à chaque messe, vous voyez ! Quand j’élèverai l’hostie tout à l’heure, vous verrez – vraiment ! – Jésus.

Et alors là, on redira cette phrase tout à l’heure, je vous inviterai à la redire après moi, « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Parce que là, vous le verrez !

…A condition de ne pas baisser la tête, évidemment !

Ça, c’est une vieille habitude qu’on voit dans certaines de nos paroisses : quand le prêtre élève l’hostie, les gens baissent la tête ! C’est comme si on disait : « Oh non, je ne veux surtout pas le voir. Non, non, non, non, non, non ! » …c’est complètement absurde, Chers Amis ! C’est précisément là qu’il faut lever le regard et voir Jésus, parce que c’est le moment où vous pouvez croire, comme Thomas, en voyant.

Alors tout à l’heure, vous y penserez, j’espère. Vous lèverez la tête et je vous inviterai à dire « Mon Seigneur et mon Dieu »… et puis, ensuite, bien sûr, ensuite, on baisse la tête au même temps que le prêtre pour s’incliner et pour faire révérence à ce Dieu qui nous aime.

C’est une épreuve que Thomas a vécue ce jour-là. Une épreuve destinée à vérifier la qualité de sa foi. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », comme le disait aussi notre deuxième lecture. Mais sachons que des épreuves nous sont envoyées pour vérifier la qualité de notre foi. C’est ce que disait notre première lecture, le livre des Actes.

Thomas a vu et il a cru. Puissions-nous alors, Chers Amis, nous exclamer tout à l’heure : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »… parce que là, vous serez véritablement comme Saint Thomas.

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Bex, Foyer de Charité, samedi 11 avril 2026, 18.00

Aigle, dimanche 12 avril 2026, 10.00

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